La guerre qui sévit dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) a récemment été au centre des déclarations du président kenyan, William Ruto. Alors que les affrontements entre les forces armées congolaises (FARDC) et la coalition M23_RDF_AFC continuent, le président Ruto en visite aux États-Unis a pris position en faveur du dialogue, rejetant l’idée d’une résolution militaire du conflit, lors d’une conférence de presse conjointe tenue avec son homologue américain Joe Biden.
« J’ai récemment envoyé mon ministre des affaires étrangères à Kinshasa, et nous envisageons de lancer le dialogue sous l’égide du processus de Nairobi. Nous sommes convaincus qu’il n’existe pas de solution militaire à la crise dans l’est de la RDC », a déclaré William Ruto. Cette déclaration intervient alors que la RDC maintient son engagement envers les processus de Nairobi et Luanda, qui préconisent un cessez-le-feu et le cantonnement des troupes du M23. Ces propos, tenus lors d’une visite officielle aux États-Unis, devraient provoquer une réponse des autorités congolaises.

Certains observateurs politiques congolais s’interrogent sur le timing des appels au dialogue par la communauté internationale, notamment par des présidents africains, chaque fois que les FARDC semblent gagner du terrain. Le président Ruto, en particulier, est critiqué par ceux qui se souviennent de l’échec des forces de l’East African Community (EAC) en RDC, dont le Kenya était le principal contributeur en troupes et qui a été remarqué pour son inaction.
La récente sortie médiatique du président Ruto a suscité des réactions vives, notamment lorsqu’il a affirmé que les autorités congolaises reconnaissaient le M23 comme un groupe congolais, suggérant ainsi que le conflit était une affaire interne à la RDC et minimisant l’implication du Rwanda.
La situation dans l’est de la RDC reste complexe, et les déclarations du président Ruto soulignent la divergence d’opinions sur la manière de résoudre ce conflit prolongé. Il faudra s’attendre à une reponse de la RDC qui n’a jamais rejeté le dialogue mais a toujours insisté sur la nécessité de défendre sa souveraineté.
Thierry Bwongo









