Kinshasa, 20 juillet 2024 – Une mission de « due diligence » menée par les cadres de la MIBA ( la Minière de Bakwanga) chez ASA Group, une société de droit britannique, suscite des interrogations quant à sa transparence et ses véritables intentions. Cette mission, dont le contenu reste flou, est menée vers une entreprise dont l’administration fiscale est basée à Londres, et non à Johannesburg, ce qui ajoute une couche de mystère à l’affaire.

Les états financiers publiés par ASA Group pour les années 2022 et 2023 révèlent des chiffres préoccupants. En 2022, la société a enregistré un chiffre d’affaires de près de 135 millions USD, mais a subi une perte de près de 37 millions USD. Les mêmes chiffres se répètent en 2023, avec un chiffre d’affaires similaire et une perte identique. Ces résultats financiers, accompagnés d’avis non positifs des auditeurs britanniques indépendants, soulignent les difficultés financières persistantes de l’entreprise.

Un point particulièrement troublant est l’inscription de SIBEKA, et non de la MIBA, comme filiale d’ASA Group à la page 24 de ces états financiers. De plus, la dette de 80 millions USD, qui ferait d’ASA Group copropriétaire de la dette certifiée de 400 millions USD de la MIBA, n’est pas mentionnée. Cela suggère qu’ASA Group elle-même a un besoin urgent de financement.

L’ordre de mission pour Johannesbourg

La MIBA, dans sa situation actuelle, n’a pas besoin de promesses supplémentaires pour son refinancement. Ce dont elle a besoin, c’est d’actions concrètes. La mission de « due diligence » devrait donc se concentrer sur la fourniture du code SWIFT pour le montant de 50 millions USD promis par ASA Group depuis août 2023. Une telle action serait saluée par tous et renforcerait la crédibilité d’ASA Group.

Enfin, ASA Group réclame son insertion dans les nouveaux statuts de la MIBA, ce qui ne deplairait pas la partie congolaise qui voudrait aussi que la MIBA apparaisse désormais dans les états financiers d’ASA Group comme toutes ses autres filiales. Une telle transparence serait un pas dans la bonne direction pour rétablir la confiance des parties prenantes.

Thierry Bwongo

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