Pour protester contre un débat qui n’a pas eu lieu et qui aurait pu, selon eux, changer l’opinion sur la prorogation ou non de l’État de siège au Nord-Kivu et en Ituri, un groupe d’élus du Grand Kivu a séché la plénière de ce jeudi. Ces députés accusent le Bureau de l’Assemblée nationale de museler leur voix, eux qui sont l’émanation de ces provinces meurtries par la guerre.

Pour Prince Willy Mishiki, l’État de siège est devenu un commerce pour les officiers en poste dans ces provinces. Selon lui, ces malversations se font au vu et au su de certaines autorités à Kinshasa qui en bénéficient par des opérations de retour. Willy Mishiki et ses collègues affirment que la population des provinces en état de siège est fatiguée de cette situation et n’en veut plus. L’État de siège ne met pas fin à la guerre et semble même l’entretenir, disent ces élus du peuple. Ils préfèrent qu’une mesure forte soit prise, notamment en fermant les frontières avec le Rwanda.

Vue des élus du Kivu et de l’Ituri

Ces députés nationaux regrettent qu’un débat, même à huis clos, n’ait pas été décidé par la plénière et pensent que s’ils ne trouvent pas de mode d’expression au sein de l’hémicycle, ils vont quitter leur mandat pour se battre dans leurs provinces.

Signalons que la plénière de ce jeudi à l’Assemblée nationale n’avait qu’un seul point à l’ordre du jour, à savoir : examen et adoption du projet de loi portant prorogation de l’État de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. À la faveur d’une motion du député Irachan, la plénière a décidé de voter sans débat le projet de loi et de proroger ainsi l’État de siège dans ces provinces agressées par des terroristes étrangers. La plénière a voté pour la recevabilité du projet de loi de prorogation de l’État de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri à raison de 331 voix pour, 4 contre et 3 abstentions. La plénière a été présidée par le premier vice-président, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, en remplacement de Vital Kamerhe en mission en Afrique du Sud dans le cadre du Parlement panafricain.

Par Thierry Bwongo

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