Kinshasa, 24 septembre 2024 – Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a récemment annoncé la suspension de Dénise Dusauchoy Mukendi et Jacky Ndala pour une durée de 45 jours. Cette décision fait suite à des propos jugés inappropriés tenus par les deux intéressés lors d’une émission. En parallèle, ils sont convoqués pour une audition urgente. Cependant, cette affaire révèle des violations graves des droits de l’homme qui méritent une attention particulière.

Denise Mukendi, qui se dit communicatrice du chef de l’État, a affirmé avoir joué un rôle crucial dans l’arrestation de Jacky Ndala, collaborateur de Moïse Katumbi. Elle a également déclaré avoir tout mis en œuvre pour qu’il soit violé à l’Agence Nationale de Renseignements (ANR). Ces déclarations choquantes soulèvent des questions sérieuses sur l’utilisation de la torture et des abus sexuels comme outils de répression politique.

Jacky Ndala, de son côté, a confirmé avoir été violé à l’ANR et prévoit de porter plainte en Belgique, étant donné que Denise Mukendi possède la nationalité belge.

En outre, Denise Mukendi a été impliquée dans une autre controverse où elle a demandé au gouvernement des moyens pour ramener le cadavre du journaliste Pero Lowara à Kinshasa, alors que ce dernier est en vie. Cette manipulation de l’information et l’incitation à la haine tribale par le biais de systèmes électroniques sont des infractions graves prévues et punies par les articles 74 du CPLII, 1ER de l’Ordonnance-loi n°66-342 du 7 juin 1966 portant répression du racisme et tribalisme, et 356 du code numérique.

Un avis de recherche a été émis par le Procureur de la République, Isofa Nkanga, pour retrouver Denise Mukendi, actuellement en fuite. Elle est poursuivie pour imputations dommageables, incitations à la haine tribale et diffusion de contenu tribaliste. Les forces de l’ordre sont appelées à prêter main-forte pour l’exécution de cet avis de recherche.

Cette affaire tombe à un moment particulièrement délicat pour la République Démocratique du Congo, qui postule actuellement pour un siège au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Plusieurs organisations nationales de la société civile ainsi que des partis politiques projettent un sit-in pour dénoncer les violations des droits de l’homme et des droits politiques en RDC comme ceux qu’a vécu Jacky Ndala. De plus, la Fondation Bill Clinton a récemment pris une position négative contre la candidature de la RDC sous la présidence de Félix Tshisekedi au Conseil de Sécurité, ajoutant une pression supplémentaire sur le gouvernement.

Par Botamba Sésé Séko

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