Le gouvernement congolais a mis en œuvre une initiative de désengorgement de la prison centrale de Kinshasa, conduisant à la libération de 1685 prisonniers jugés malades. Cette décision a suscité des réactions diverses, notamment celle de Peter Kazadi, Vice-premier ministre honoraire en charge de l’Intérieur et de la Sécurité. Selon lui, le peuple congolais a besoin de solutions bien réfléchies plutôt que de la théâtralisation de la vie politique. « Vider les prisons en déversant les criminels dans les rues n’est nullement la réponse aux problèmes de la surpopulation carcérale. La seule solution efficace demeure la construction des prisons à travers le pays pour y enfermer tous les bandits et voleurs des deniers publics », a-t-il tweeté. Il a également accusé le ministre de la Justice, Constant Mutamba, de mener une politique spectacle fondée sur des conflits permanents et la victimisation.

Les ex-détenus libérés font face à plusieurs obstacles majeurs dont la stigmatisation sociale qui rend difficile leur réintégration dans la communauté. De plus, beaucoup sortent de la prison sans compétences professionnelles ni opportunités d’emploi, augmentant le risque de récidive et créant un climat d’insécurité dans la ville. Pour que cette initiative soit véritablement efficace, le gouvernement, via le ministère de la Justice, doit mettre en place des programmes de réinsertion sociale et professionnelle. Cela inclut des formations, des ateliers de développement de compétences et des partenariats avec des entreprises locales. Un soutien psychologique et médical est également essentiel pour aider les ex-détenus à surmonter les traumatismes liés à leur incarcération.

Maître Willy Wenga, avocat au barreau de Kinshasa Gombe, a également donné son opinion sur le sujet via son compte X (anciennement Twitter). Selon lui, le ministre de la Justice ne peut libérer conditionnellement qu’un condamné définitif ayant purgé au moins un quart de sa peine et dont la conduite est jugée bonne, le contraire est un abus, a souligné Willy Wenga.
Pour Rodrigue Ramazani Bekola, Secrétaire général de l’Envol parti cher à Delly Sessanga, libérer massivement des prisonniers, en violation des lois, sans plan de réinsertion sociale ni prise en charge médicale pour ceux libérés pour raisons de santé, témoigne d’une irresponsabilité inédite de la part du ministre de la Justice.

Ces décisions populistes à visée électoraliste ont aggravé l’insécurité déjà galopante à Kinshasa. Le populisme, véritable fléau pour la gestion de l’État, doit être combattu par tout citoyen responsable.
Par Ml Dikoma









