Kinshasa, 07 Octobre 2024 – Lors de la plénière de ce lundi, l’Assemblée nationale a consacré son premier point à la prorogation de l’État de siège pour les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. Un débat houleux a été autorisé par le président de l’Assemblée nationale, le professeur Vital Kamerhe, en raison des tensions persistantes parmi les députés nationaux élus des provinces sous état de siège, ainsi que du Sud-Kivu voisin, qui en subit les conséquences.

Les députés ont exprimé leur mécontentement, affirmant que l’État de siège, en vigueur depuis 2021 sur instructions du chef de l’État, a montré ses limites. Selon eux, cette situation politique, qui a placé les militaires à la tête des deux provinces les plus touchées par la guerre et les rébellions venues de l’extérieur, n’a pas atteint ses objectifs. Les populations sont encore plus en insécurité, les militaires terrorisent à leur tour la population, et les rebelles gagnent du terrain. Les gouverneurs militaires s’occupent d’affaires politiques et civiles au lieu de se concentrer sur la fin des hostilités et la reprise des territoires conquis.

Les élus ont également soulevé des soupçons de détournement des fonds alloués à l’État de siège. Ils ont dénoncé qu’après enquête, seuls 4 millions de dollars sur les 56 millions destinés à l’État de siège sont arrivés aux provinces concernées. Pour eux, cette situation profite davantage à certaines personnes à Kinshasa qu’aux populations déplacées de ces provinces ou aux soldats au front.

Le président Kamerhe a souligné le chevauchement des commandements depuis qu’un télégramme a retiré aux gouverneurs militaires la gestion des opérations sur le terrain, dépeignant un tableau sombre d’un chaos organisationnel profond. En réponse, l’Assemblée nationale a suggéré de mettre en place une commission chargée d’évaluer l’État de siège et de formuler des recommandations claires et précises au chef de l’État, qui sera le parrain de cette commission.

Entre-temps, l’État de siège a été prorogé une 83éme fois malgré les remarques des élus. Le président Vital Kamerhe, très attaché au processus, a encouragé les députés à voter pour cette prorogation en attendant la mise en place de la commission et ses conclusions. Le ministre Marc Ekila, qui a présenté le projet de loi en remplacement du ministre d’État à la justice empêché, repart avec quinze jours de plus de gestion militaire pour l’Ituri et le Nord-Kivu.

Par Thierry Bwongo

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