Le jeudi 3 octobre 2024, le bateau MV MERDI a fait naufrage près du port Kituku à Goma, entraînant une tragédie humaine et matérielle. Le dimanche 6 octobre, l’épave a été localisée à 200 mètres de profondeur dans le lac Kivu par une équipe conjointe de recherche composée de plongeurs locaux, de la force navale et de la SADC. Cette opération a été menée suite à la visite du vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani Lukoo, à Goma.

Lors d’une interview accordée à la presse après un conseil de sécurité, le ministre a insisté sur la nécessité d’établir les responsabilités : « Nous venons de faire le constat par rapport à la situation sur le terrain. C’est pour comprendre comment et quels sont les responsables afin de prendre des mesures urgentes pour que cette situation ne se répète plus », a-t-il déclaré.

Le bilan provisoire de cette catastrophe fait état de 34 morts et 80 rescapés. De nombreuses marchandises ont également été perdues lors du chavirement du MV MERDI, qui assurait la liaison entre Minova, dans la province du Sud-Kivu, et Goma. L’arrestation de Patrick Lokala a été filmée et a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Les vidéos montrent une intervention brutale à son domicile, devant sa famille, qui est restée traumatisée par les actes de saccage perpétrés par les officiers de police judiciaire.

Un communiqué de la société civile de Goma, publié le vendredi 4 octobre 2024, a dénoncé la corruption des autorités étatiques responsables des ports du lac Kivu, jugée à l’origine de ce naufrage. Son président, Mario Ngavo, exige l’interpellation des responsables des services lacustres et la réouverture de la route Goma-Minova via Sake.

« Les causes de ce naufrage seraient liées à la surcharge, au non-respect du nombre de passagers, au mauvais entretien et au contrôle technique, ainsi qu’à la corruption de certains agents au port. La population demande des explications aux autorités gouvernementales et exige des indemnisations pour les victimes », a-t-il déclaré.

Cette tragédie survient alors que la route Goma-Minova était déjà fermée en raison des affrontements entre les Forces armées de la République Démocratique du Congo, les jeunes Wazalendo et le Mouvement du 23 mars (M23).

Par Dieumerci MATU

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