Kinshasa, RDC – La colère remplace la peine parmi les professionnels des médias suite à la mort tragique de Jemimah Mogwo, célèbre présentatrice du Journal du Soir sur la chaîne nationale RTNC. Victime d’une agression brutale par des kulunas (bandits urbains) alors qu’elle rentrait chez elle après sa prestation du soir, sa disparition suscite une vive indignation et de nombreuses questions.

Les journalistes ne comprennent pas pourquoi une institution aussi importante que la RTNC ne sécurise pas ses employés, particulièrement ceux qui sont exposés à des risques dans l’exercice de leur métier. La RTNC, surnommée « la chaîne mère », dispose pourtant de bus pour le transport de son personnel. Pourquoi les employés travaillant tard ne bénéficient-ils pas de ce service de transport pour les ramener chez eux au-delà de minuit ?

La sécurité, normalement accrue sur le site, devrait également être appliquée à ceux qui y travaillent, souvent visés par certains individus intolérants. Ce métier périlleux mérite une plus grande attention de la part des pouvoirs publics. Le ministre de la Communication et des Médias, ainsi que porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, est interpellé par cette tragédie, lui qui avait pourtant promis d’améliorer les conditions de travail des médias publics. Avec ce décès de Jemimah, cette promesse semble aujourd’hui vide de sens.

La directrice générale de la RTNC, Sylvie Elenge, également très controversée dans sa gestion, doit voir cette mort comme une épine de plus dans son administration. Pourquoi cette négligence ? Si Jemimah avait été une présentatrice vedette d’une émission politique, aurait-elle reçu le même traitement ? La négligence est aussi dans la réponse à l’agression. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour lui venir en aide alors qu’une évacuation vers l’étranger pour des soins appropriés avait été recommandée dès le départ ?

La colère gronde dans la corporation journalistique pour une mort qui aurait pu être évitée, aussi bien en amont qu’en aval. Si les médias privés ne peuvent peut-être pas mieux faire, les médias publics se doivent d’être exemplaires. La presse en RDC a encore beaucoup à attendre des pouvoirs publics, à moins que ceux-ci ne soient complices de la situation d’insécurité dans laquelle les journalistes exercent leurs fonctions.

Par Thierry Bwongo

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