Kinshasa, RDC – Le Panel des Experts de la Société Civile, par un communiqué signé par son Coordonnateur National et porte parole, Dieudonné Mushagalusa, a exprimé ses préoccupations concernant la motion de défiance déposée contre le Ministre d’État en charge des Infrastructures et Travaux Publics, Alexis Gisaro. Prévue pour être votée le lundi 25 novembre 2024, cette motion a suscité une réaction vigoureuse de la part de la société civile, qui appelle à la rationalité et à la prudence.

Le Panel des Experts a souligné l’importance de la mission constitutionnelle des députés, qui consiste à contrôler et sanctionner l’exécutif de manière rationnelle et objectivement motivée. Cependant, ils ont exprimé des doutes quant aux véritables motivations derrière cette motion, la qualifiant d’acte ciblé et subjectivement orienté. Selon eux, les raisons évoquées pour justifier cette motion ne sont pas convaincantes et laissent planer des doutes sur les mobiles réels de cette procédure.

Dans ce communiqué, Dieudonné Mushagalusa a également mis en lumière la précipitation avec laquelle cette motion a été introduite, seulement une semaine après une question orale adressée au ministre sur des responsabilités qui ne sont pas les siennes, notamment en termes de moyens financiers pour la route Nationale 2 et le projet zéro trou à Kinshasa. Ils ont souligné que le ministre n’a pas été accusé de malversation financière ni de détournement de fonds publics, ce qui rend cette motion encore plus suspecte.

En outre, le Panel a exprimé des inquiétudes quant à l’exploitation possible de cette situation pour des raisons xénophobes, rappelant que le ministre Gisaro est le seul Tutsi dans le gouvernement SUMINWA. Ils craignent que cette motion ne soit perçue comme une attaque contre sa communauté, ce qui pourrait nuire à la cohésion nationale.

Le Panel des Experts a donc appelé les députés nationaux et le Président de l’Assemblée Nationale à faire preuve de sagesse et à privilégier une lecture complexe de cette question, afin de trouver une solution réaliste qui contribue à cimenter la cohésion nationale plutôt que de céder à un parlementarisme sensationnel.

Enfin, Dieudonné Mushagalusa portant la voix du Panel a recommandé que si l’Assemblée Nationale souhaite réellement sanctionner l’exécutif, elle devrait envisager une motion de censure contre l’ensemble du gouvernement actuel, ce qui serait perçu comme juste et équitable par le peuple congolais.

Par Thierry Bwongo

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