Kinshasa, le 2 janvier 2025 – Les parvis du Palais du Peuple sont le théâtre, ces derniers jours, d’une véritable guerre des chiffonniers entre les tendances de l’Union sacrée qui gère la chambre basse du Parlement. Le dernier remous en ce début d’année est la récente réclamation des assistants des députés nationaux, qui exigent du Bureau l’application des articles 69 et 115 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale par le Bureau Kamerhe. Une réclamation somme toute légitime et fondée pour ce personnel politique important auprès des élus nationaux.
Les assistants parlementaires demandent la reconnaissance par leur Bureau sur le plan administratif et financier, tel que le Règlement intérieur le consacre. En tant qu’êtres humains, la plupart d’entre eux, venant d’ailleurs des provinces, se trouvent dans une situation d’abandon avec des faibles primes payées irrégulièrement et avec des mois de retard, et des avantages qui n’existent que dans les textes.
Pour se défendre de la déclaration lue par les assistants parlementaires dans les médias, un autre groupe d’assistants parlementaires, certainement à la solde du Bureau, a lancé une communication maladroite et contradictoire. En fait, ce second groupe confirme le marasme dont sont victimes les assistants parlementaires en faisant porter le chapeau au Bureau provisoire conduit à l’époque par le doyen d’âge et actuel deuxième vice-président Christophe Mboso.

Pour ces contradicteurs de la Déclaration des Assistants Parlementaires : « Les assistants parlementaires ont compris qu’ils subissent tous aujourd’hui les conséquences d’une mauvaise gestion financière du Bureau de la législature passée et de la diminution de la dotation mensuelle par le Gouvernement central. » Des justifications qui ne font que confirmer la situation d’abandon dont sont victimes les assistants parlementaires congolais.

Cette contre-attaque du clan Kamerhe contre le deuxième vice-président Christophe Mboso traduit le désamour existant entre ces deux hautes personnalités, et cela depuis les primaires de l’Union sacrée qui ont consacré Vital Kamerhe unique candidat au perchoir de la chambre des députés nationaux. Est-ce que les assistants parlementaires sont les victimes de ce conflit latent entre ces deux éléphants politiques ? À cette question, le temps nous en dira plus.
Mais n’en déplaise, les élus de leur côté devraient prendre leurs responsabilités et protéger ces citoyens congolais qui les épaulent et qui partagent avec eux le travail parlementaire. Cela devrait commencer par eux ! Même si certains, à l’image de l’honorable Kalamba Ngindu, prennent le courage d’interpeller le Bureau sur le sort des assistants parlementaires, beaucoup parmi les élus ne se préoccupent guère de la situation de ceux qui sont leurs collaborateurs directs, les considérant comme de simples garçons de course ou huissiers à leur service.
Qu’à cela ne tienne, les difficultés du Bureau sont certes réelles, mais cela peut être mieux perçu avec une communication subtile et directe avec les concernés pour dissiper toute frustration et sous-entendu. Ce n’est pas en tirant à boulets rouges sur un autre membre du Bureau que cela éludera la responsabilité du propriétaire du marteau dans cette histoire.
Par Botamba Sésé Séko









