Le week-end dernier, la diaspora congolaise a manifesté en masse. À Paris, des dizaines de milliers de Congolais ont affronté la police, tandis qu’à Bruxelles, des milliers d’autres se sont rassemblés devant le Parlement européen, accusant l’institution de laxisme face à la crise sécuritaire et humanitaire en RDC et de complicité avec le Rwanda, principal bénéficiaire de contrats européens. Même au Canada, les Congolais ont bravé le froid glacial pour faire entendre leur voix et attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation en RDC.

Marche de la diaspora de Paris
Marche de la diaspora de Bruxelles

En RDC, la ville de Béni, dans le Grand Nord, a également été le théâtre de manifestations contre l’agression rwandaise. Béni, une ville du Nord-Kivu longtemps victime des exactions des terroristes islamistes ougandais de l’ADF, accueille actuellement le nouveau gouverneur militaire. Toujours au nord, dans la province de la Tshopo, le gouverneur Paulin Lendongolia a ravivé la ferveur patriotique des Boyomais en mobilisant une foule importante pour accueillir le Vice-Premier Ministre JP Bemba, venu galvaniser les Congolais à défendre leur patrie face à l’agression rwandaise.

JP Bemba, après une tournée dans le Grand Équateur, a atterri à Kisangani avec le même objectif. Lors d’un meeting populaire à Kisangani, Jean-Pierre Bemba Gombo a appelé les jeunes à s’enrôler dans l’armée pour repousser l’ennemi sur le sol congolais. Il a déclaré : « L’objectif de ce meeting populaire est que la grande orientale mobilise 100.000 jeunes à enrôler dans l’armée, afin de défendre l’intégrité territoriale. Nous allons boucher toutes les entrées et nous allons libérer les territoires occupés par les ennemis. Le Chef de l’État m’envoie pour vous dire qu’il ne va pas laisser le pays être envahi par l’ennemi. Le Président veut à ce que les jeunes à partir de 18 ans de la Tshopo, Bas-Uélé et Haut-Uélé, s’enrôlent dans l’armée. Soyez prêts ».

À Kinshasa, une ville morte est prévue pour demain, mardi 4 février 2025, en soutien aux FARDC et pour demander le retrait immédiat et sans condition de la RDC de l’EAC, ainsi que la rupture officielle des relations diplomatiques avec le Rwanda et l’Ouganda. Les manifestants réclament également la suspension indéterminée des coopérations avec les États-Unis, la France, la Belgique, le Royaume-Uni et l’Union européenne. Ils exigent la démission immédiate du gouvernement SUMINWA pour incompétence et incapacité à relever les défis de paix et de bien-être social des Congolais, dénonçant des décisions dangereuses comme la suspension de la mécanisation et de la régularisation des situations administratives des agents, cadres et fonctionnaires de l’État, ainsi que de leur prime et prise en charge médicale à l’étranger.

Les manifestants, déjà plongés dans une misère inexplicable et insupportable, prévoient d’enterrer symboliquement le gouvernement SUMINWA dans un cercueil luxueux, semblable à celui du défunt Président Mobutu. Ils exigent également un salaire forfaitaire de 500 dollars pour tous les mandataires, de la tête aux pieds. Il est à noter que tous les bureaux, établissements de l’État ou privés, universités, écoles, taxis-bus, véhicules personnels et ceux des différentes personnalités qui seront en activité ce mardi 4 février 2025, à l’exception des taxis-motos, s’exposent à des représailles.

Par Thierry Bwongo

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