Ce vendredi 28 février 2025, le Vice-Premier Ministre congolais, Ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo, a rencontré une délégation du Fonds Monétaire International (FMI) dans le cadre d’une réunion technique visant à évaluer la mise en œuvre des programmes économiques FEC (Facilité Élargie de Crédit) et FRD (Facilité pour la Résilience et le Développement durable). Ces dispositifs, approuvés par le Conseil d’Administration du FMI le 15 janvier 2025, ambitionnent de consolider la stabilité macroéconomique de la République Démocratique du Congo (RDC) tout en répondant aux défis climatiques et sécuritaires.

Guylain Nyembo a réaffirmé la détermination du gouvernement à appliquer « avec rigueur » les réformes prévues par ces programmes, conclus en novembre 2024. Malgré le conflit persistant dans l’Est du pays, qui fragilise l’économie nationale, les autorités entendent accélérer les mesures structurelles pour renforcer la gouvernance, la transparence et promouvoir une croissance inclusive. Le Vice-Premier Ministre a souligné la volonté de positionner la RDC comme un « pays solution » face aux enjeux climatiques, en intégrant ces priorités dans les politiques publiques.

La mission du FMI, conduite par Calixte Ahokpossi, Chef de Mission pour la RDC, a salué les échanges « constructifs » avec les responsables congolais. « Nous avons examiné l’évolution des mesures relevant du ministère du Plan, notamment dans la modernisation des finances publiques et l’adaptation aux chocs externes », a déclaré M. Ahokpossi à l’issue des discussions. Les deux parties ont convenu d’établir une feuille de route axée sur trois piliers :

  1. La modernisation de la gestion des finances publiques, pour améliorer l’efficacité des dépenses de l’État.
  2. L’atténuation des impacts économiques des conflits, via des mécanismes de protection sociale et un soutien aux régions affectées.
  3. L’intégration des enjeux climatiques, avec des investissements ciblés dans les énergies renouvelables et la gestion durable des ressources naturelles.

Alors que la RDC fait face à une crise humanitaire dans l’Est, cette collaboration avec le FMI représente un test crucial pour démontrer sa capacité à conjuguer stabilisation économique et réponse aux urgences. Les programmes FEC et FRD, d’une durée initiale de trois ans, devraient permettre au pays de mobiliser des financements internationaux supplémentaires, sous réserve du respect des critères de performance définis par l’institution financière.

La prochaine revue formelle des programmes, prévue dans les mois à venir, déterminera l’allocation des décaissements. Pour Kinshasa, l’enjeu est de taille : concilier ambition réformatrice et gestion des crises, dans un contexte où la résilience économique reste tributaire de la paix et de la coopération internationale.

Par Thierry Bwongo

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