Alors que la République Démocratique du Congo (RDC) cherche à renforcer ses relations avec les États-Unis, les défis liés à ce partenariat stratégique sont nombreux. Entre les tensions commerciales sino-américaines, les investissements massifs de la Chine en RDC, la politique économique controversée de Donald Trump, et les enjeux sécuritaires et politiques internes, ce rapprochement soulève des interrogations sur sa faisabilité et ses retombées potentielles.

Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a intensifié les tensions avec la Chine, imposant des tarifs douaniers record sur les produits chinois. Cette guerre commerciale a des répercussions mondiales, notamment sur les pays comme la RDC, où la Chine domine largement le secteur minier avec des investissements dépassant les 10 milliards de dollars en 2023La RDC, qui détient près de 70 % des réserves mondiales de cobalt, est au cœur de cette compétition géopolitique.

Face à cette domination chinoise, Kinshasa espère diversifier ses partenariats en se tournant vers les États-Unis. Cependant, la politique économique de Donald Trump, axée sur le protectionnisme et les intérêts américains, pourrait compliquer les négociations. Les récents déplacements de diplomates américains, comme Massad Boulos et Ronny Jackson, ont mis en lumière une approche ambiguë. Alors que Boulos a brièvement visité la RDC avant de séjourner au Rwanda, Jackson a critiqué ouvertement Kinshasa, renforçant l’idée que Washington pourrait privilégier Kigali dans ses stratégies régionales. Sur le plan interne, la RDC fait face à une situation politique et sécuritaire fragile. Les conflits armés dans l’Est du pays, notamment avec le M23, soutenu par le Rwanda, continuent de déstabiliser la région

Dans ce contexte, le gouvernement congolais a adopté une stratégie audacieuse : échanger l’exploitation minière contre un soutien sécuritaire et social. Cette approche pourrait séduire les États-Unis, mais elle nécessite une gouvernance rigoureuse pour éviter les dérives.

Par ailleurs, la récente décision de Kinshasa de suspendre tous ses contrats de lobbying avec des cabinets américains ajoute une couche de complexité. Cette rupture, motivée par la volonté de privilégier des échanges directs avec l’administration Trump, soulève des questions sur la cohérence et la transparence des actions gouvernementales.

En somme, le partenariat stratégique entre la RDC et les États-Unis pourrait représenter une opportunité majeure pour Kinshasa, mais il reste conditionné par la capacité des deux parties à surmonter les obstacles géopolitiques, économiques et sécuritaires. Alors que la Chine continue de renforcer son emprise sur le secteur minier congolais, la RDC devra jouer habilement ses cartes pour maximiser les retombées de ce rapprochement avec Washington.

Par Thierry Bwongo

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