Lors de la plénière tenue ce jeudi 17 avril 2025, des préoccupations majeures ont été soulevées concernant l’état du pouvoir parlementaire en République démocratique du Congo (RDC). L’honorable Nzondomio et l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo ont mis en lumière des atteintes graves aux prérogatives parlementaires, révélant une crise institutionnelle profonde.
Nzondomio a dénoncé des cas où des députés nationaux ont été victimes de violences policières, une situation qu’il considère comme une violation flagrante des principes fondamentaux de la séparation des pouvoirs, tels que définis par Montesquieu. Selon lui, une institution affaiblie entraîne une fragilisation de l’ensemble de l’État. Il a également souligné le caractère anthropologique du pouvoir politique, rappelant que la santé des institutions est essentielle à la stabilité de l’État.

De son côté, Matata Ponyo, désormais député national, a exprimé son indignation face à la décision de la Cour constitutionnelle de le juger sans saisine préalable du Bureau de l’Assemblée nationale. Il considère cette démarche comme une atteinte à ses immunités parlementaires, un droit pourtant garanti par la Constitution.
Ces constats s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions institutionnelles. L’Assemblée nationale semble de plus en plus mise sous la coupe du pouvoir exécutif, ce qui a entraîné une perte de considération. Ce constat est renforcé par plusieurs événements récents, notamment le refus du ministre des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction (ITPR), Alexis Gisaro, de se présenter à un contrôle parlementaire. À cela s’ajoute la lettre du Vice-Premier Ministre de la Fonction publique, qui place les représentants du peuple sous le régime de la fonction publique, une démarche perçue comme une atteinte à leur indépendance.

Par ailleurs, les modifications de la loi des finances par le gouvernement, sans l’aval de l’autorité budgétaire qu’est le Parlement, illustrent une marginalisation croissante de cette institution clé.
Face à ces défis, l’unité nationale prônée par le chef de l’État nécessite une reconnaissance et une valorisation des prérogatives de chaque institution. Le Parlement, en tant que pilier de la démocratie, mérite une attention particulière pour garantir son rôle dans l’équilibre des pouvoirs et la préservation de l’État de droit.
Par Thierry Bwongo









