Bunia, RDC – 2 juin 2025– Le gouverneur militaire de l’Ituri, le général Johnny Luboya, a exprimé une vive colère face à l’opération lancée par l’Inspection Générale des Forces Armées de la RDC (IG FARDC). Cette campagne, gérée par le Secrétariat Général à la Défense, vise à contrôler les militaires inactifs et les ayants droit des soldats décédés, dans le but d’assainir les effectifs et d’éliminer les cas de fraude et d’usurpation d’identité.

Pour le gouverneur militaire, cette opération intervient à un moment critique et risque de fragiliser davantage le moral des troupes engagées sur le front contre les groupes armés tels que le M23 et la milice de Tomas Lubanga. Il dénonce une approche inappropriée qui, selon lui, néglige les réalités du terrain et met en péril la cohésion militaire.

« Nous n’avons même pas fini de résoudre le problème des effectifs militaires fictifs, et voilà qu’une autre crise éclate ! Les veuves des militaires tombés au combat ne sont plus payées, et maintenant on parle d’un contrôle qui ne tient pas compte de la souffrance de ces familles », s’est-il insurgé. Il estime que cette situation, si elle n’est pas rapidement corrigée, pourrait entraîner une démobilisation et un sentiment d’abandon parmi les soldats.

Des militaires FARDC en opérations

Dans son communiqué du 31 mai 2025, l’Inspection Générale des FARDC a réaffirmé que l’objectif final de cette opération est de lutter contre la fraude et le détournement des soldes militaires, garantissant une gestion orthodoxe des ressources de l’État. Elle a également précisé que les auteurs d’irrégularités seront poursuivis devant la justice militaire conformément aux lois en vigueur.

L’IG FARDC insiste sur sa volonté de collaborer avec toutes les structures de la Défense dans le respect des lois de la République. Elle reconnaît toutefois que certains retardataires et dossiers administratifs problématiques font partie du processus, ce qui pourrait expliquer certains retards et tensions.

Le communiqué de l’IG FARDC

Cette controverse met en lumière une gestion chaotique des effectifs militaires, qui alimente des tensions entre les différentes branches des Forces Armées. Alors que le gouverneur militaire appelle à une approche plus pragmatique et humaine, l’IG FARDC reste ferme sur la nécessité d’un assainissement total du système.

Les observateurs s’interrogent désormais sur la réponse du gouvernement à cette crise : l’État prendra-t-il des mesures pour calmer les tensions, ou laissera-t-il cette opération se poursuivre malgré les préoccupations exprimées sur le terrain ?

Par la rédaction

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