La troisième saisie du Parlement par le procureur près la Cour de cassation marque un tournant décisif dans l’affaire impliquant le ministre d’État à la Justice, Constant Mutamba Tungunga. Cette requête vise à obtenir l’autorisation de poursuites pénales contre le ministre, qui ne s’est pas présenté à l’audience prévue ce lundi 9 juin.Cette absence, officiellement justifiée par des raisons de santé, soulève des interrogations sur la suite de la procédure et les implications politiques de cette affaire mais aussi sur sa stratégie de défense.
L’enjeu dépasse la simple question de procédure. Le refus de Mutamba de se soumettre à l’instruction judiciaire pourrait être interprété comme une résistance politique face à une justice qu’il estime instrumentalisée. À plusieurs reprises, il a dénoncé une démarche partiale, cherchant à mettre en doute l’impartialité du magistrat instructeur. Pourtant, en l’absence de présentation devant le procureur, son attitude pourrait renforcer l’idée d’une obstruction judiciaire.
La décision du Parlement sera cruciale. En autorisant les poursuites, l’Assemblée nationale pourrait envoyer un signal fort quant à la volonté des institutions de garantir la transparence et la lutte contre la corruption. Dans le cas contraire, un refus de lever l’immunité parlementaire pourrait être perçu comme une protection politique, accentuant les tensions entre les différentes branches du pouvoir. Ce choix influencera durablement la perception de la justice et de l’équilibre institutionnel en République démocratique du Congo.
Sur le plan politique, l’affaire Mutamba pourrait redessiner les rapports de force au sein du gouvernement. Une éventuelle mise en accusation ou une démission forcée du ministre remettrait en question la gestion des affaires publiques et la crédibilité du pouvoir exécutif. La réaction du président de la République et du Premier ministre sera déterminante pour la suite des événements. Selon les scénarios qui se dessinent, plusieurs options restent envisageables, allant du limogeage à une recomposition gouvernementale.
En toile de fond, cette affaire cristallise les préoccupations plus larges sur la gouvernance et l’état de droit en RDC. Elle illustre les défis persistants liés à l’indépendance de la justice et au contrôle des institutions. La manière dont ce dossier sera traité dans les jours à venir constituera un test pour l’avenir politique du pays et la confiance des citoyens envers le système judiciaire. À travers ce feuilleton, c’est toute la crédibilité des institutions qui se joue.
Par Thierry Bwongo









