Alors que l’accord de paix signé le 27 juin dernier entre la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda continue de susciter des réactions variées au sein de la communauté nationale et internationale, la voix du docteur Denis Mukwege s’est élevée pour dénoncer ce qu’il considère comme un grave compromis sur la souveraineté du pays.
Dans une déclaration publiée sur son compte X (anciennement Twitter), l’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2023 et Prix Nobel de la paix a exprimé son inquiétude face à un texte qu’il juge contraire aux intérêts du peuple congolais.
« Je regrette de vous dire que j’ai donc toutes les raisons de croire que l’accord signé aujourd’hui à Washington n’augure pas d’une sortie de crise pour notre population qui souffre », a écrit Denis Mukwege.
Pour le célèbre gynécologue congolais, cet accord légitimerait la présence sur le sol congolais de forces étrangères qu’il qualifie d’agressives, en référence notamment à l’armée rwandaise. Il évoque le lourd tribut payé par les Congolais depuis des décennies : des millions de morts, des centaines de milliers de femmes victimes de violences sexuelles, et un déplacement massif de populations.
Mukwege critique également la démarche bilatérale privilégiée par Washington, qu’il juge inadaptée à la complexité régionale du conflit. Il rappelle que plusieurs armées étrangères – dont celles de l’Ouganda et du Burundi – opèrent encore en RDC, dans un contexte d’enjeux géostratégiques majeurs liés aux ressources naturelles congolaises.
Dans sa prise de position, il appelle à une approche multilatérale élargie, impliquant activement les organisations régionales, l’Union africaine, et le Conseil de sécurité de l’ONU. Il exhorte par ailleurs à assortir les appels au cessez-le-feu et au retrait des troupes étrangères d’un calendrier clair, accompagné de sanctions internationales coordonnées en cas de violation persistante de la résolution 2773.
Par Didier Mbongomingi









