Kinshasa, 29 juin 2025 — Dix défaites de suite. Aucun succès enregistré depuis plusieurs mois, même en match amical. C’est la spirale inquiétante dans laquelle s’enfonce la sélection féminine de la RDC, les Léopards dames, à l’approche de la CAN Maroc 2025. Une série noire qui fait naître plus d’angoisse que d’espoir parmi les supporters, alors que la compétition continentale s’annonce imminente.

Depuis l’arrivée d’Hervé Happy au poste de sélectionneur en mai dernier, rien n’a changé dans la dynamique. Ses débuts, attendus comme une possible bouffée d’air frais, se sont soldés par deux revers successifs face à la Tanzanie (2-1 et 3-1). Avant lui, la situation n’était guère plus reluisante. Les défaites s’enchaînaient déjà contre le Kenya, le Sénégal, ou encore la Tanzanie, en matchs amicaux ou en compétitions régionales. La confiance est en berne, le moral au plus bas.

À la veille de la CAN, l’urgence n’est plus seulement technique : elle est psychologique. Si rien ne change, les Léopards risquent de débarquer au Maroc avec une équipe meurtrie, sans repères et sans carburant mental. Et dans le haut niveau, l’élan psychologique est souvent aussi décisif que les schémas tactiques.

Plusieurs plaies structurelles expliquent cette chute libre. En quatre ans, cinq sélectionneurs se sont succédé, empêchant toute stabilité technique. À cela s’ajoute l’absence d’un championnat national féminin solide, ce qui freine la détection de talents locaux. Le manque criant de moyens logistiques pour la préparation, ainsi que la faible intégration des joueuses issues de la diaspora – pourtant riches en potentiel – aggravent la situation.

Un bref éclair d’optimisme avait jailli sous l’ère de Papy Kimoto, seul à avoir qualifié l’équipe à la CAN 2024 après plus d’une décennie d’absence. Mais son départ soudain a cassé cette dynamique naissante. Depuis, les Léopards dames naviguent à vue.

Aujourd’hui, une simple victoire – même symbolique – pourrait marquer le début d’un sursaut. Car il ne s’agit pas uniquement de résultats : il est question de restaurer l’espoir, reconstruire une identité, et offrir à ces joueuses le souffle qu’elles méritent.

Par Guyroger Tshitenge

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