Masisi, 2 juillet 2025 — Le sang d’un jeune homme a souillé les rues de Nyabiondo ce mercredi matin, dans une scène insoutenable qui réveille les pires souvenirs des violences oubliées. Devant une foule pétrifiée, enfants et mères compris, un combattant du groupe rebelle AFC/M23 a exécuté froidement un civil accusé de vol.
Ligoté, roué de coups, humilié sous les cris mêlés d’effroi et de stupeur, le jeune homme a été abattu d’une balle dans la tête, en pleine rue. Un acte filmé, partagé, assumé par son auteur au nom d’une prétendue « justice exemplaire ». Mais que reste-t-il de l’humanité quand la barbarie devient la norme ?
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Cette exécution publique, la première de cette ampleur depuis des années dans cette région du Nord-Kivu, marque un nouveau seuil dans l’escalade de la terreur imposée par les groupes armés. Elle constitue une violation grave du droit international humanitaire et des principes fondamentaux des droits de l’homme. Nul individu, nul groupe armé, ne peut se substituer à l’appareil judiciaire d’un État souverain, encore moins condamner à mort sans procès équitable.
Ce crime rappelle l’urgence de restaurer l’autorité de l’État dans les zones occupées, de mettre fin à l’impunité, et de protéger les populations civiles, premières victimes de cette guerre sans visage. Il interpelle aussi la communauté internationale : combien de temps encore ces atrocités seront-elles tolérées dans le silence ?

Le drame de Nyabiondo n’est pas qu’un fait divers. C’est le cri étouffé d’une population abandonnée, prisonnière d’un conflit où la justice a été remplacée par la kalachnikov.
Aujourd’hui, Nyabiondo pleure. Mais demain, que feront Kinshasa, l’ONU, l’Union africaine, et les puissances garantes des droits humains ?
Par la rédaction









