La scène politique congolaise s’apprête à vivre un tournant inédit : dans les dix prochains jours, le Président Félix Tshisekedi dévoilera le gouvernement Suminwa 2. C’est lors du dernier Conseil des ministres qu’il l’a confirmé à l’exécutif actuel, dont la majorité vit ainsi ses derniers instants aux affaires. Le vendredi 1er août étant férié, le Conseil des ministres du 8 août marquera le baptême de feu de la nouvelle équipe.

Selon des sources proches de la présidence, environ 75 % des membres du gouvernement actuel seront remplacés. Le futur exécutif, annoncé comme plus resserré, devrait intégrer de nouveaux visages. Pourtant, contrairement aux pratiques habituelles, aucune fuite ni indication claire ne filtre à ce stade. Même les chefs des regroupements de l’Union Sacrée semblent mis à l’écart. Seul un noyau de hauts cadres présidentiels aurait participé aux consultations — une centralisation qui intrigue.

Vue du dernier Conseil des ministres du gouvernement Suminwa 10

Ce remaniement arrive à contretemps, à la veille d’un dialogue politique national. Plusieurs analystes s’interrogent : pourquoi changer d’équipe alors que le dialogue, censé déboucher sur des recommandations nécessitant des animateurs spécifiques, n’a pas encore eu lieu ? Cette anticipation pourrait être interprétée comme une volonté présidentielle de verrouiller les marges de manœuvre avant toute négociation.

Parmi les possibles entrants : Adolf Muzitu, des délégués du camp Fayulu et des représentants de la société civile. Une ouverture inattendue, mais qui pourrait durcir l’opposition officielle, menée par Ensemble de Moïse Katumbi et le PPRD de Joseph Kabila. Pire encore, un tel message de « non-conciliation » pourrait être perçu comme une provocation par la branche armée de l’opposition active à Goma — un calcul politique dont les conséquences pourraient dépasser le cadre institutionnel.

Judith Suminwa première ministre rd congolaise est la seul à avoir la certitude d’être au prochain Conseil des ministres

Pour certains observateurs, cette stratégie ne relève pas uniquement de la tactique locale. Des voix murmurent que le Président Tshisekedi, en contact régulier avec ses relais à Washington, aurait initié ce remaniement sur conseil venu de là-bas. Une influence extérieure que l’exécutif n’a ni confirmée ni niée, mais qui s’ajoute à l’épais brouillard stratégique entourant cette transition.

Par la rédaction

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