La Cour de cassation de la République démocratique du Congo a poursuivi, ce mercredi 30 juillet 2025, l’examen du dossier explosif impliquant Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, poursuivi pour détournement présumé de 19 millions de dollars américains initialement alloués à la construction d’une prison à Kisangani.

Face aux magistrats, Constant Mutamba a maintenu sa ligne de défense, dénonçant une cabale politique destinée à le discréditer. Les avocats ont tenté de démontrer que les procédures financières avaient été menées dans le cadre légal et qu’aucune intention frauduleuse ne pouvait être retenue. Néanmoins, les représentants du ministère public ont insisté sur le caractère fictif du projet pénitentiaire et sur les irrégularités dans les transferts financiers.

Arrivé aujourd’hui de Constant Mutamba dans la salle d’audience de la cour de cassation

Selon des sources proches du dossier, la prochaine étape consistera à auditionner des témoins, notamment des responsables du Fonds de réinsertion des victimes et d’appui aux œuvres (FRIVAO), structure au centre des flux financiers mis en cause. La Cour examinera également les documents bancaires, les courriers ministériels et les contrats liés au projet.

Les enjeux de ce procès dépassent le sort personnel de Mutamba. Pour beaucoup, cette procédure incarne un test grandeur nature de l’indépendance du pouvoir judiciaire congolais dans sa lutte contre l’impunité. Jamais auparavant un ministre de la Justice en fonction n’avait été traduit devant la Cour de cassation.

Constant Mutamba lors de la première audience son défunt Directeur de cabinet en arrière plan

En cas de condamnation, les conséquences seraient sévères : jusqu’à vingt ans de réclusion, amendes, confiscation de biens, interdiction définitive d’exercer une fonction publique et perte de droits civiques. Politiquement, cela marquerait une rupture pour son mouvement DYPRO, risquant de fragiliser ses alliances et de ternir durablement sa crédibilité.

Ce procès prend une tournure encore plus dramatique avec le décès, confirmé ce mardi 29 juillet, du professeur Alidor Kahisha Munemeka, directeur de cabinet de Constant Mutamba. Évacué à l’étranger pour des soins médicaux après une maladie détectée, il n’a pas survécu. Ce juriste respecté et figure académique majeure occupait un rôle stratégique dans la coordination des dossiers sensibles du ministère de la Justice. Plusieurs sources évoquent la possibilité d’un empoisonnement, bien qu’aucune confirmation officielle n’ait été donnée à ce stade.

professeur Alidor Kahisha Munemeka

Tandis que la société civile observe le déroulement avec vigilance, la Cour semble déterminée à aller au bout du processus. Le délibéré pourrait intervenir dans les prochaines semaines, une fois l’ensemble des plaidoiries et des éléments de preuve examinés.

Par Thierry Bwongo

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