Kinshasa traverse une période sombre pour la liberté de la presse. En moins de 48 heures, deux journalistes congolais ont été jetés en prison sans jugement équitable, dans ce qui s’apparente de plus en plus à une campagne d’intimidation systématique contre les professionnels des médias.

Espérant Kasongo, journaliste à Siloe TV — chaîne appartenant au prédicateur Moïse Mbiye — a été arrêté lundi 4 août devant l’Hôtel Malebo à Kintambo-Magasin, avant d’être transféré à la prison centrale de Makala. Il est poursuivi pour “injure publique”, “diffamation” et “imputations dommageables”, à la suite d’une plainte déposée par le chantre Mike Kalambayi. Aucune confrontation ni procédure transparente n’a précédé son incarcération

Pire encore, Glody Ndaya, journaliste et directrice générale du média Eventsrdc.com, est également détenue à Makala depuis ce mercredi. Elle est poursuivie pour avoir diffusé une enquête mettant en lumière un scandale sanitaire impliquant le Dr Vincent Lokonga, accusé de commercialiser à prix d’or des traitements gratuits pour les malades du cancer. Or, elle n’est ni l’autrice, ni la directrice de publication de l’article incriminé. Son interpellation, sans convocation légale, s’apparente à un enlèvement.

Ces arrestations abusives, dénoncées par l’UNPC et d’autres organisations, marquent une escalade inquiétante contre la liberté d’informer en RDC. Dans un pays démocratique, la presse ne peut être bâillonnée à coup de menottes. La prison n’est pas une réponse au journalisme.

La justice congolaise est désormais attendue sur l’essentiel : respecter les droits fondamentaux, garantir la liberté d’expression et protéger celles et ceux qui informent. Glody Ndaya et Espérant Kasongo doivent être libérés immédiatement et sans conditions.

Par la rédaction

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