Ce n’est plus une crise silencieuse. C’est une humiliation publique. En République démocratique du Congo, les assistants parlementaires, pourtant bras droit des élus, sont traités comme des intrus dans une institution qu’ils servent avec loyauté. Non seulement ils sont privés de leurs droits les plus élémentaires, mais ils sont désormais interdits d’accès au Parlement. Une décision qui illustre le cynisme d’un pouvoir qui préfère verrouiller ses portes plutôt que d’assumer ses responsabilités.

Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, avait tenté de désamorcer la colère en annonçant avoir satisfait sept des huit revendications des assistants parlementaires. Une mise en scène devant les caméras, sans lendemain. Une semaine plus tard, rien. Zéro avancée. Les assistants n’ont toujours pas été payés depuis plus de 50 jours. La nomination tant vantée? Un leurre. Aucun document officiel, aucune notification. Juste du vent.

La revalorisation de la prime? Une illusion. Sa régularité? Une chimère. Les trois mois d’arriérés et les primes liées aux sessions extraordinaires? Passés sous silence. Ce mépris flagrant alimente la procédure de destitution contre le Bureau Kamerhe, accusé de gérer l’Assemblée comme une entreprise privée, où les collaborateurs essentiels sont traités comme des variables d’ajustement.
Face à cette injustice, les assistants parlementaires ont décidé de ne plus se taire. Sit-in, protestations, interpellations: rien n’y fait. Le premier vice-président Jean-Claude Tshilumbayi, censé incarner une alternative, se dérobe derrière la procédure de destitution en cours. Une excuse jugée insultante par les assistants, qui rappellent qu’ils ne réclament pas des faveurs, mais leur droit à la vie, à la dignité, et à la reconnaissance de leur travail.

Le summum de l’humiliation? L’ordre donné aux policiers de ne plus laisser entrer les assistants parlementaires dans l’enceinte du Parlement. Une violation flagrante de l’article 115 du règlement intérieur, qui consacre leur rôle au sein de l’institution. Cette mesure brutale jette une ombre sur le Parlement, censé être le sanctuaire de la démocratie. Comment parler de transparence et de justice quand ceux qui font tourner la machine législative sont traités comme des intrus?
Le contraste avec le Sénat est saisissant. Là-bas, les assistants parlementaires sont respectés, rémunérés, valorisés. À l’Assemblée nationale, ils sont ignorés, méprisés, exclus. Ce deux poids deux mesures alimente un sentiment de trahison. Beaucoup y voient une mauvaise foi manifeste de leurs autorités, incapables de respecter les textes qu’elles prétendent défendre.

L’Assemblée nationale est en crise, certes. Mais cette crise ne justifie pas l’abandon de ceux qui participent activement à son fonctionnement quotidien. Les assistants parlementaires ne sont pas des figurants. Ils sont les premiers collaborateurs des élus, les chevilles ouvrières du travail parlementaire. Les traiter comme des indésirables, c’est insulter la République.
Par la Rédaction









