Kinshasa, 24 septembre 2025 — Une descente de haut niveau a eu lieu ce mercredi sur le site spolié de l’aéroport international de N’Djili, révélant une situation alarmante qui interpelle l’État congolais sur la nécessité urgente de restaurer l’autorité publique et de garantir la sécurité aérienne nationale.
Conduite par le Directeur Général ad intérim de la Régie des Voies Aériennes (RVA-SA), M. Louis Blaise Londole, cette mission a réuni plusieurs responsables de l’aéroport ainsi que des représentants des institutions étatiques. Objectif : constater de visu l’ampleur des constructions illicites qui envahissent le périmètre aéroportuaire, pourtant classé zone de haute sécurité et interdit à toute édification.

Le constat sur place est sans appel : des habitations et structures commerciales surgissent anarchiquement dans une zone censée être protégée par les normes internationales de l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale (OACI). Ces empiètements compromettent non seulement les trajectoires de vol et les opérations de navigation aérienne, mais exposent également les passagers, les équipages et les riverains à des risques majeurs.
« Un aéroport n’est pas un espace ordinaire. Il obéit à des normes strictes et non négociables. Ce que nous avons vu aujourd’hui est une menace directe à la sûreté de l’État et à la vie des citoyens », a déclaré M. Londole, appelant à une mobilisation interinstitutionnelle pour démanteler les constructions illégales et rétablir l’ordre.
Au-delà de la sécurité aérienne, cette situation soulève des questions plus larges sur la gouvernance foncière, la complicité administrative et l’absence de contrôle urbain. Comment des individus ont-ils pu s’installer dans une zone aussi sensible sans réaction des autorités locales ? Quelles failles dans le système de cadastre et de surveillance ont permis cette dérive ?

Des sources proches de la RVA évoquent des réseaux de spoliation organisés, parfois avec des complicités internes, qui exploitent la faiblesse des mécanismes de contrôle pour vendre ou céder des parcelles dans des zones interdites.
Face à cette crise, plusieurs pistes d’action sont envisageables :
- Audit foncier complet du périmètre aéroportuaire pour identifier les empiètements et les responsabilités.
- Renforcement de la coordination interinstitutionnelle entre la RVA, le ministère de l’Urbanisme, les services de sécurité et la justice.
- Campagne de sensibilisation et de démolition encadrée, avec relogement des familles vulnérables dans des zones sécurisées.
- Digitalisation du cadastre aéroportuaire pour une traçabilité en temps réel des empiètements.
- Sanctions exemplaires contre les auteurs et complices de la spoliation, y compris les agents publics impliqués.

Cette descente marque un tournant dans la gestion des infrastructures stratégiques en RDC. Elle interpelle sur la capacité de l’État à faire respecter ses normes, à protéger ses installations vitales et à garantir la sécurité de ses citoyens. L’aéroport de N’Djili, principal hub aérien du pays, ne peut être laissé à la merci de l’anarchie foncière.
La balle est désormais dans le camp des autorités compétentes. Il ne s’agit plus seulement de constater, mais d’agir — avec rigueur, transparence et détermination.
Par Thierry Bwongo









