La suspension de la gratuité des soins dans l’aire de santé de Buhimba, située à l’ouest de la ville de Goma, suscite une vive inquiétude au sein de la population locale. Cette décision, consécutive au retrait du soutien des partenaires humanitaires, met particulièrement en péril les survivantes de violences basées sur le genre (VBG), parmi les plus vulnérables de la zone.
Le centre de santé de Buhimba, autrefois reconnu pour l’accès libre aux soins primaires, fait désormais face à d’importantes difficultés. « On avait la gratuité pour tous les malades. Maintenant, faute de partenaires, nous avons dû réintroduire la facturation. Mais la population, habituée à la gratuité, n’arrive pas à suivre », alerte Emery Muhindo, infirmier titulaire de l’établissement.
Cette réintroduction des frais médicaux survient dans un contexte socio-économique tendu. Selon le personnel soignant, seuls 20 % des patients s’acquittent actuellement de leurs factures, tandis que 80 % quittent le centre sans payer. Une situation qui menace la survie même de la structure.
« La population est très vulnérable. Sans soutien, il nous sera difficile de continuer à offrir des soins de qualité », insiste Emery Muhindo, appelant les autorités sanitaires et les organisations humanitaires à une intervention d’urgence.
Les soignants redoutent que cette rupture ne vienne annihiler les acquis de plusieurs années de prise en charge communautaire, notamment en faveur des femmes et jeunes filles victimes de VBG, pour qui l’accès aux soins est vital.
La communauté locale espère un retour rapide de l’appui externe pour restaurer l’accès universel aux soins et garantir le droit fondamental à la santé pour tous.
Par Kanoba Obadias









