Kinshasa, 25 novembre 2025 – Le sang continue de couler, les larmes d’orphelins et de veuves s’accumulent, et l’État semble absent. Alors que la République Démocratique du Congo traverse une vague d’insécurité sans précédent, la responsabilité politique du Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, ne peut plus être éludée.

Dans les quartiers périphériques de la capitale, les habitants vivent dans la peur permanente. À Mbudi (Mont-Ngafula), des bandits armés ont forcé l’entrée d’une maison, tirant des coups de feu et semant la terreur. La scène s’est terminée dans le sang, avec un assaillant mutilé et une famille traumatisée.
À Kimbanseke, quartier Maviokele, un père de famille a été abattu pour la somme dérisoire de 100 000 FC. Le gang, composé d’un homme en tenue de policier et de civils masqués, a pris d’assaut six maisons dans la nuit du 25 novembre. La présence de faux policiers lors de ces opérations criminelles illustre une dérive inquiétante : l’uniforme, symbole de protection, devient complice de la terreur.

Dans la nuit du 22 au 23 novembre, le village Nkana, territoire de Kwamouth, a été frappé par une incursion de la milice Mobondo. Plus de 20 morts, dont 13 civils exécutés froidement lors du retrait des assaillants. Le village s’est vidé dans une panique générale, ravivant un conflit intercommunautaire jamais réellement éteint. Ce drame rappelle que l’insécurité n’est pas seulement urbaine : elle gangrène aussi les provinces, où l’État peine à restaurer l’autorité.
Au Katanga, les milices politiques continuent de défier l’autorité publique, alimentant un climat de tension et d’instabilité. Dans le Nord et le Sud Ubangi, les conflits coutumiers s’enveniment, opposant communautés et chefs traditionnels dans des affrontements qui fragilisent davantage la cohésion nationale.

Au-delà des drames sécuritaires, Jacquemin Shabani est accusé de fuir son devoir de redevabilité. À plusieurs reprises, il a évité le contrôle parlementaire, alors même que les élus l’avaient invité à éclairer leur lanterne sur des décisions controversées.
- Injonctions aux Assemblées provinciales : le ministre avait demandé aux parlements provinciaux de surseoir à leurs contrôles parlementaires, invoquant la guerre et la stabilité des institutions. Une démarche perçue comme une entrave à la démocratie.
- Redevance de sécurité : cette taxe supplémentaire, annoncée récemment, devait s’ajouter aux multiples prélèvements déjà imposés aux frontières et dans les aéroports. Elle a suscité une vive polémique dans l’opinion publique, dénoncée comme une charge injuste sur les citoyens.

Plutôt que de répondre aux interpellations des députés, Jacquemin Shabani a choisi de partir en mission au Maroc, désertant la plénière de l’Assemblée nationale. Une absence qui alimente le sentiment d’un ministre plus soucieux de diplomatie extérieure que de rendre des comptes sur la sécurité intérieure.
Face à cette insécurité généralisée et à cette fuite de responsabilité, la responsabilité du Vice-Premier Ministre, ministre de l’Intérieur, est directement engagée. Garant de l’ordre public et de la sécurité des citoyens, il ne peut se dérober à l’échec manifeste de son action. Les Congolais, de Kinshasa à Kwamouth, de Lubumbashi à Gemena, réclament une réponse ferme et cohérente.

Laisser prospérer les braquages, les milices et les conflits coutumiers, tout en esquivant le contrôle parlementaire, c’est abandonner le peuple à la loi du plus fort. L’État doit redevenir protecteur, et le ministre de l’Intérieur doit rendre des comptes.
Par la rédaction









