Le Conseil pour la Protection et la Promotion de la Femme et de l’Enfant (CPPFE) a lancé un cri d’alarme face aux violations graves et répétées des droits humains dont sont victimes les réfugiés, particulièrement les femmes et les enfants, dans le camp de réfugiés de Nakivale, situé au sud-ouest de l’Ouganda.

Dans une lettre ouverte publiée le 30 décembre 2025, l’organisation décrit une situation jugée « préoccupante et inacceptable ». Selon le CPPFE, des femmes et des enfants réfugiés y subissent des violences physiques, verbales et psychologiques, ainsi que des humiliations publiques, souvent perpétrées par des agents de sécurité pourtant chargés de leur protection.

Le document révèle que des enfants âgés de moins de dix ans seraient régulièrement battus et traités comme des criminels « uniquement en raison de leur statut de réfugiés ». Il fait également état de pratiques de corruption, certains réfugiés étant contraints de payer pour être admis ou maintenus dans le camp, tandis que d’autres seraient arbitrairement refoulés.

Le CPPFE cite notamment le cas d’une adolescente congolaise de 16 ans, originaire du Nord-Kivu, qui aurait été traînée de force dans une douche et violemment agressée par un agent de sécurité le 27 décembre 2025, à la suite d’une altercation avec une autre adolescente. Bien qu’une plainte ait été déposée auprès de la police locale, aucune suite judiciaire n’aurait été engagée, illustrant, selon l’organisation, une grave défaillance des autorités compétentes.

La coordonnatrice du CPPFE, Neema Serutoke Claudine, souligne que plusieurs agents de sécurité opérant dans le camp ne disposent pas d’une formation adéquate en matière de droits humains, ce qui favorise des traitements inhumains et dégradants. De tels agissements constitueraient, selon elle, une violation flagrante de nombreux instruments juridiques nationaux et internationaux relatifs à la protection des réfugiés.

Face à cette situation alarmante, le CPPFE appelle à une action urgente et coordonnée. L’organisation recommande notamment le renforcement immédiat des mécanismes de protection des réfugiés, la mise en place de systèmes de plainte accessibles, confidentiels et efficaces, la conduite d’enquêtes indépendantes sur les violations signalées, l’application de sanctions exemplaires contre les auteurs d’abus, ainsi que le déploiement de programmes de soutien psychosocial et éducatif en faveur des enfants victimes.

Enfin, le CPPFE exhorte la communauté internationale à intensifier la pression sur les autorités concernées afin de garantir la dignité, la sécurité et la protection des réfugiés congolais en Ouganda, avertissant que l’inaction actuelle ne fait qu’aggraver leur vulnérabilité.

Kanoba Obadias

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