L’Éthiopie s’impose depuis quelques années comme un modèle de résilience en Afrique, affichant des résultats remarquables dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie, de l’eau et surtout de l’agriculture. C’est dans ce contexte qu’une délégation congolaise conduite par le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, séjourne à Addis-Abeba pour une mission d’imprégnation.
Aux côtés du ministre, la délégation comprend notamment Joe Dumbi Kabangu, conseiller spécial du Chef de l’État en charge des ressources extérieures et du suivi des projets, Madeleine Nikomba Sabangu, présidente de la commission Infrastructures du Sénat, ainsi que les directeurs généraux de l’ACGT (Nico Nzau), du FONER (Pierre Bundoki Ndongala), de l’OVD (Victor Ntumba) et le coordonnateur de la cellule des infrastructures du ministère (Billy Tshibambe).
La première séance de travail s’est tenue avec le ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa Geleta, qui a présenté les avancées majeures de son pays. L’Éthiopie finance à 100 % son plus grand projet hydroélectrique, le Barrage de la Renaissance, capable de produire 5.150 MW sans apport extérieur. Ce projet, déjà interconnecté avec Djibouti, le Kenya et la Tanzanie, illustre une stratégie de souveraineté énergétique et constitue une source d’inspiration pour la République démocratique du Congo, riche en potentialités hydroélectriques.
Le ministre éthiopien a également mis en avant les progrès réalisés dans l’agriculture, affirmant que son pays a atteint l’autosuffisance alimentaire et vise désormais l’excédent.
Pour sa part, John Banza Lunda a rappelé que le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, lui a donné des instructions claires : s’inspirer des expériences réussies des pays frères africains afin de relever les grands défis du secteur des infrastructures.
« Nous sommes ici en Éthiopie pour nous inspirer du modèle éthiopien. Une invitation officielle sera lancée aux experts de ce pays afin qu’ils viennent à Kinshasa pour une séance de travail avec leurs collègues congolais », a-t-il déclaré.
La délégation congolaise a ensuite rencontré le ministre d’État en charge de l’Urbanisme et des Infrastructures, Yetemgata Asrat. Celui-ci a souligné que le secteur infrastructurel est un pilier essentiel de l’économie éthiopienne. Le réseau routier national est passé de 27.000 km à 100.000 km, dont 80 % financés sur fonds propres du gouvernement. Les 20 % restants bénéficient du soutien de partenaires tels que la Banque africaine de développement (BAD).
Le ministre éthiopien a insisté sur la nécessité d’une meilleure collaboration entre pays africains dans le domaine des routes, regrettant que ce secteur soit trop souvent dominé par les entreprises européennes et asiatiques.
« Le moment est venu de partager les expériences », a-t-il conclu.
Enfin, la délégation congolaise a pu constater la transformation d’Addis-Abeba, portée par de nombreux investissements locaux. Parmi les acteurs majeurs figure Alexis Alemayehu Ketema, patron de la société AKGC, qui réalise d’importants travaux financés par le gouvernement éthiopien à travers le pays.
Cette mission d’État illustre la volonté du gouvernement congolais de tirer des enseignements des réussites africaines en matière d’infrastructures. Elle ouvre la voie à une coopération renforcée entre Kinshasa et Addis-Abeba, dans l’esprit d’un partage d’expériences et d’une solidarité africaine tournée vers le développement.
Par Didier Mbongomingi









