Kinshasa, janvier 2026 — Depuis plusieurs jours, les réseaux sociaux congolais vibrent au rythme d’une colère collective. Les abonnés de Canalbox, Vodacom et Orange RDC, excédés par une connexion Internet devenue quasi inutilisable, expriment un ras-le-bol qui prend des allures de révolte numérique. Les appels à jeter les routeurs de Canalbox ou à se désabonner massivement de Vodacom et Orange se multiplient, révélant une fracture profonde entre consommateurs et fournisseurs de services.

La cause immédiate de cette crise est connue : la panne du câble sous-marin WACS, survenue le 2 janvier 2026, qui a paralysé une partie de la connectivité internationale de la République Démocratique du Congo. Mais au-delà de l’incident technique, c’est l’absence de politique de remboursement ou de réparation du préjudice subi qui alimente la colère. Les abonnés, contraints de payer des forfaits mensuels pour un service dégradé, dénoncent une injustice flagrante.

Dans les quartiers populaires comme dans les entreprises, la frustration est palpable. Les étudiants ne parviennent plus à suivre leurs cours en ligne, les PME voient leurs transactions ralentir, et les familles se plaignent de ne plus pouvoir communiquer normalement. « Nous payons pour un service qui n’existe plus », s’indigne un internaute sur Facebook, tandis qu’un autre appelle à « boycotter ces opérateurs qui méprisent leurs clients ».

Ce mouvement de contestation met en lumière une réalité inquiétante : la dépendance quasi exclusive de la RDC au câble WACS. Canalbox, Vodacom et Orange, fortement liés à cette infrastructure, se retrouvent incapables d’assurer une continuité de service. À l’inverse, des opérateurs comme Airtel et Liquid Telecom, qui ont diversifié leurs routes internationales, parviennent à offrir une connexion plus stable, accentuant le sentiment d’inégalité entre abonnés.

Au cœur de cette crise, une question de justice sociale se pose : pourquoi les consommateurs devraient-ils supporter seuls les conséquences d’une panne internationale, sans compensation ni explication claire ? L’absence de transparence et de mesures de remboursement nourrit un climat de défiance qui menace la crédibilité des opérateurs. Les abonnés ne réclament pas seulement une meilleure connexion, ils exigent le respect de leurs droits.

Cette colère, exprimée avec force sur les réseaux sociaux, est le symptôme d’une prise de conscience collective : Internet n’est plus un luxe, mais un service vital, au même titre que l’électricité ou l’eau. La panne du WACS révèle la fragilité des infrastructures numériques congolaises et l’urgence de bâtir une souveraineté numérique fondée sur la diversification des accès internationaux et la protection des usagers.

Aujourd’hui, le consommateur congolais ne demande pas l’impossible. Il réclame simplement que les entreprises assument leurs responsabilités, qu’elles reconnaissent le préjudice subi et qu’elles mettent en place des mécanismes de compensation. Faute de quoi, le boycott et la désaffection risquent de devenir la seule arme d’un public lassé des promesses non tenues.

Par la rédaction

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