Kinshasa, 19 janvier 2026 – Après plusieurs semaines d’occupation par les forces rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23, la ville d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu, a été reprise par les Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). Ce développement majeur, annoncé officiellement par l’État-Major Général des FARDC, marque une étape cruciale dans la reconquête territoriale et la restauration de l’autorité de l’État dans l’Est du pays.
Une reprise militaire aux conséquences lourdes

Le communiqué de presse n°02 du 19 janvier 2026, signé par le Lieutenant-Colonel MONGBA HAZUKAY Mak, porte-parole a.i des FARDC, confirme que les troupes congolaises ont repris le contrôle de la ville d’Uvira le dimanche 18 janvier, suite au retrait des forces rwandaises et de leurs alliés du M23/AFC. Toutefois, ce retrait s’est accompagné d’un pillage systématique de la ville, laissant derrière lui un climat de désolation. Une vingtaine de civils impliqués dans ces actes ont été interpellés et seront traduits en justice.
Un carrefour stratégique repris
Au-delà de la symbolique militaire, la réoccupation d’Uvira représente une victoire stratégique. Située à la jonction du Sud-Kivu, du Katanga et du Burundi, Uvira constitue un carrefour vital pour les échanges régionaux. Sa libération permet non seulement de rétablir les flux logistiques, mais aussi de renforcer la présence étatique dans une zone longtemps fragilisée par l’insécurité.

Un bilan humain alarmant
Le Gouvernement, par la voix du ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a dressé un bilan provisoire tragique de l’occupation : 1.500 civils massacrés, près de 300.000 personnes déplacées, dont 12.000 enfants séparés de leurs familles. Ces chiffres, révélés à l’issue d’une réunion présidée par la Première ministre Judith Suminwa, ont profondément ému l’opinion nationale et internationale.
Une restauration progressive de l’autorité de l’État
Face à cette situation, le Gouvernement congolais a annoncé la mise en œuvre d’un plan de restauration progressive de l’autorité de l’État dans Uvira et ses environs. Ce plan intègre des mesures sécuritaires, judiciaires et humanitaires coordonnées, visant à rétablir durablement la sécurité, protéger les populations civiles et favoriser la stabilisation sociale. Le communiqué officiel du ministère de la Communication et Médias insiste sur le fait que ce retrait ne constitue ni la fin de l’agression ni une amélioration substantielle de la situation sécuritaire.
Une mobilisation totale pour la paix

Le Gouvernement réaffirme que seule une cessation complète et sans condition de la présence rwandaise sur le sol congolais pourra ouvrir la voie à une paix durable. Il dénonce également la déportation de civils, notamment de la communauté banyamulenge, utilisée comme prétexte pour justifier l’occupation. En saluant le courage de cette communauté, le Gouvernement appelle à la retenue, au calme et à la vigilance face aux manipulations et discours de stigmatisation.
Libération ou repli tactique ?
Si les images des Wazalendo célébrant la reprise d’Uvira circulent abondamment, les autorités congolaises appellent à une lecture stratégique de la situation. La libération d’Uvira, bien que significative, ne saurait être interprétée comme une victoire définitive. Elle s’inscrit dans un processus plus large de reconquête, de justice et de restauration de l’État, dont le succès dépendra de la mobilisation nationale et du respect des engagements internationaux.
Par Thierry Bwongo









