Le 26 janvier 2026 marque le premier anniversaire de la chute de Goma aux mains de la rébellion M23. À cette occasion, l’honorable docteur Mbungani Mbanda Jean-Jacques, député national et ancien diplomate, a publié une déclaration vigoureuse dénonçant l’occupation persistante de l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC). Il a réaffirmé son soutien indéfectible aux populations du Kivu, dans un contexte où les aveux sur l’implication militaire du Rwanda et de l’Ouganda jettent une lumière crue sur un conflit vieux de plus de trois décennies.

Le 23 janvier 2025, après une offensive éclair, le groupe rebelle AFC/M23 s’était emparé de Goma, capitale du Nord-Kivu et centre économique stratégique abritant plus d’un million d’habitants. « Cet événement demeure le symbole douloureux de l’instabilité que subit une partie de notre population. Une telle situation ne peut ni durer ni être acceptée », a déclaré le Dr. Mbungani, exprimant la compassion et la solidarité des habitants du Sud-Ubangi envers leurs compatriotes de l’Est.

Les rapports internationaux ont confirmé la dimension régionale du conflit. Selon des experts de l’ONU, entre 3 000 et 4 000 soldats rwandais combattent aux côtés du M23, exerçant un contrôle direct sur ses opérations. L’armée rwandaise aurait fourni des drones d’attaque et des systèmes de défense aérienne, tandis que l’Ouganda est accusé de faciliter le transit de recrues et de logistique, offrant même un espace de coordination politique à Kampala. « Je tiens à réaffirmer mon soutien indéfectible aux populations du grand Kivu, confrontées à l’occupation de l’armée rwandaise », a martelé le député.

Le coût humain est dramatique : plus de 7 000 morts ont été recensés depuis janvier 2025 dans les provinces orientales. Human Rights Watch a documenté des exécutions sommaires, des viols et d’autres crimes de guerre imputés au M23. Des centaines de milliers de personnes ont été déplacées, survivant dans des camps surpeuplés où les conditions de vie sont précaires et indignes.

Face à cette tragédie, les mécanismes internationaux apparaissent impuissants. La MONUSCO, malgré le renouvellement de son mandat, reste paralysée par ses contraintes opérationnelles. La force régionale de la SADC, déployée en 2024, s’est retirée en avril 2025 sans avoir pu enrayer l’avancée rebelle. Dans ce vide sécuritaire, l’appel du Dr. Mbungani prend une résonance particulière, renforcée par son expérience diplomatique et sa maîtrise des enjeux géopolitiques.

« En ma qualité de député national, élu de Budjala, mais surtout en tant que citoyen congolais, je ne saurais garder le silence face à cette tragédie », a-t-il insisté, appelant à l’unité nationale et au soutien des institutions dans la défense de la souveraineté. Ses propos résonnent avec les récents accords de paix signés à Washington entre Kinshasa et Kigali, dont l’efficacité est contestée, ainsi qu’avec les négociations en cours au Qatar entre le gouvernement congolais et le M23. Alors que l’issue de ces pourparlers reste incertaine, son message rappelle que derrière les calculs géopolitiques, ce sont des millions de vies congolaises qui demeurent brisées.

Par Thierry Bwongo

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