Kinshasa — De nouvelles révélations médiatiques viennent relancer le débat sur l’implication du Rwanda dans la guerre en cours à l’Est de la République démocratique du Congo. Selon une enquête publiée par la rédaction francophone du média international Deutsche Welle (DW), des familles de militaires rwandais morts sur le sol congolais affirment avoir reçu une compensation financière limitée, assortie d’un strict devoir de silence.

D’après les témoignages recueillis par le média allemand, les proches des soldats rwandais décédés dans le cadre des combats aux côtés du mouvement rebelle M23 — que Kinshasa qualifie de force d’agression soutenue par Kigali — recevraient une indemnité d’environ deux millions de francs rwandais, soit près de 1 160 euros.

Un militaire des RDF (Force de Défense du Rwanda) en opération en RDC

Selon ces sources, cette compensation constituerait la principale forme de reconnaissance officielle accordée aux familles endeuillées, sans communication publique ni cérémonies ouvertes permettant un deuil collectif. Plusieurs témoins, cités anonymement pour des raisons de sécurité, décrivent un climat de peur qui les empêcherait d’évoquer publiquement la mort de leurs proches.

« Il y a cette peur permanente… nous sommes contraints de garder le silence sur quelque chose d’aussi profondément émotionnel que la perte d’un être cher », confie l’un d’eux dans l’article de DW.

Ces révélations interviennent dans un contexte régional particulièrement tendu. Les autorités congolaises accusent régulièrement le Rwanda de soutenir militairement le M23, une accusation relayée par plusieurs rapports internationaux.

Des éléments des RDF capturés par les FARDC au Nord-Kivu

Pour certains analystes, ces témoignages pourraient alimenter les interrogations sur les pertes humaines subies par les forces rwandaises dans l’est de la RDC, alors que le conflit continue de provoquer des milliers de victimes civiles et militaires et d’importants déplacements de populations.

Au-delà de la question de l’indemnisation financière, l’enquête soulève également des enjeux humains et psychologiques liés au droit au deuil et à la reconnaissance officielle des soldats morts au combat. Des proches dénoncent un système qui privilégierait la discrétion politique au détriment du soutien public aux familles endeuillées.

Alors que la guerre dans les provinces orientales congolaises reste l’une des crises sécuritaires les plus complexes de la région des Grands Lacs, ces révélations pourraient raviver les tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali et renforcer les appels à davantage de transparence sur le rôle des acteurs régionaux dans le conflit.

Par la rédaction

Tendances

En savoir plus sur Tropik Infos

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture