En mission d’évaluation environnementale du 2 au 7 février dans le Grand Katanga, la professeure Marie Nyange Ndambo, ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat, a dressé un constat particulièrement alarmant sur les pratiques de plusieurs entreprises minières. Qualifiant certaines violations de « crimes environnementaux » intolérables, elle a promis une réponse ferme des autorités afin de mettre fin aux dérives constatées.
Les inspections menées sur différents sites ont révélé des infractions jugées graves. À la Compagnie Minière de Kambove (COMIKA), la ministre a évoqué un « choc total » après avoir constaté le débordement d’un bassin de rétention ayant libéré des effluents acides dans la nature, ainsi que la construction d’une digue dépourvue de géo-membranes sur le lit de la rivière Kisanga, une situation susceptible de menacer directement la nappe phréatique. « Ça, c’est un crime environnemental qu’on ne peut pas tolérer », a-t-elle déclaré.
À Kaipeng Mining, la mission a relevé des risques avérés de contamination des nappes phréatiques liés aux bassins de rejet, ainsi qu’une gestion jugée insuffisante des déchets solides et liquides. Face à ces manquements, l’État exige des ajustements immédiats et des mesures correctives rapides.
La Compagnie de Développement Minière (CDM), déjà suspendue pour pollution des rivières, devra quant à elle procéder à une analyse urgente afin d’identifier avec précision les causes des contaminations observées. À Ruashi Mining, dans la province du Lualaba, l’implantation de l’usine à proximité des habitations expose directement les populations à une pollution atmosphérique préoccupante. L’entreprise sera appelée à financer des solutions adaptées, tandis qu’un plan de délocalisation des communautés est envisagé, selon la gouverneure Fifi Masuka Saini.
Face à l’ampleur des dégâts constatés, la ministre a annoncé la mise en place d’un processus correctif rigoureux comprenant une évaluation approfondie des entreprises concernées, l’élaboration de solutions durables et l’instauration d’un système renforcé de suivi et de monitoring. L’objectif affiché est de définir de nouvelles normes environnementales pour l’ensemble du secteur extractif congolais.
Malgré ce tableau globalement préoccupant, certaines entreprises ont été félicitées pour leurs efforts en matière de conformité environnementale. Mutanda Mine a notamment été saluée pour son plan environnemental structuré, l’utilisation de technologies à faible risque et ses initiatives de reboisement. La ministre envisage d’ailleurs l’organisation d’une conférence pour partager ces bonnes pratiques.
Kambove Mining a également été reconnue pour son système de gestion de la conformité et ses investissements dans des installations écologiques.
La mission de Marie Nyange Ndambo marque ainsi un tournant dans la gouvernance environnementale du secteur minier congolais, réaffirmant la volonté du gouvernement de mettre un terme aux manquements persistants afin de protéger les populations et préserver durablement l’environnement.
Par Didier Mbongomingi









