La dynamique diplomatique et militaire autour de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo connaît un nouveau tournant. Alors que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, l’Angola a annoncé une initiative majeure visant à instaurer un cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et la coalition rebelle M23-Twirwaneho-Red Tabara-FNL, accusée par Kinshasa d’être soutenue par le Rwanda.

Selon des sources diplomatiques concordantes, Luanda propose l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu à partir du 18 février 2026 à 12h00, avec pour objectif principal de créer un climat propice à l’organisation d’un dialogue intercongolais. Cette démarche s’inscrit dans les efforts régionaux visant à désamorcer l’escalade militaire et à favoriser une solution politique durable.
Les autorités angolaises ont indiqué attendre désormais l’acceptation officielle des parties concernées. Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la multiplication des initiatives diplomatiques africaines cherchant à relancer le processus de paix dans l’Est congolais, région en proie à une instabilité chronique depuis plusieurs décennies.

Sur le terrain, la situation militaire reste néanmoins volatile. Après d’intenses combats contre la coalition rebelle, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par les groupes d’autodéfense dits Wazalendo, ont enregistré des avancées significatives.
Depuis le lundi 11 février 2026, les forces loyalistes ont repris le contrôle des villages de Kalonge, Kakenge, Vitsunvi et Kalingi, situés dans les hauts plateaux du territoire d’Uvira, aux alentours du centre de Minembwe. Ces gains tactiques sont présentés par des sources sécuritaires comme une étape importante dans la stabilisation de cette zone stratégique, souvent théâtre d’affrontements entre groupes armés locaux et mouvements rebelles.

La concomitance entre l’offensive militaire des FARDC et l’initiative diplomatique angolaise illustre la double approche actuellement privilégiée par Kinshasa et ses partenaires : maintenir la pression militaire tout en laissant ouverte la voie des négociations politiques.
Toutefois, plusieurs observateurs soulignent que la réussite d’un éventuel cessez-le-feu dépendra largement de garanties de mise en œuvre sur le terrain, ainsi que de mécanismes crédibles de vérification. La question du soutien extérieur présumé à certains groupes armés demeure également un point sensible susceptible d’influencer l’adhésion des différentes parties au processus.

Alors que les populations civiles continuent de payer le prix fort de cette crise, l’annonce de Luanda suscite autant d’espoir que de prudence, dans une région où les précédentes tentatives de cessez-le-feu ont souvent été fragilisées par la reprise rapide des hostilités.
Par Thierry Bwongo









