« Nous ne nous fatiguerons pas tant que la paix durable ne sera pas rétablie dans l’Est de la République démocratique du Congo ». Par ces mots, la société civile de la diaspora congolaise basée en Belgique réaffirme sa détermination à porter la voix des populations meurtries du Kivu et de l’Ituri au cœur des institutions européennes. À Strasbourg, siège du Parlement européen, les acteurs de cette mobilisation poursuivent un plaidoyer intense visant à accélérer la prise de décisions politiques fortes face à une crise sécuritaire qui ne cesse de s’aggraver.
Au centre de cette séquence diplomatique, la députée européenne Hilde Vautmans s’est illustrée en organisant un débat qualifié par plusieurs participants de « moment de vérité » sur la situation dramatique qui prévaut dans l’Est congolais. En présence de la Commissaire européenne Hadja Lahbib, l’élue a plaidé pour un durcissement de la réponse européenne, exigeant l’application immédiate de sanctions sévères contre le Rwanda ainsi que contre l’ensemble des milices accusées de déstabiliser la région. Elle a également dénoncé l’inaction persistante de l’Union européenne concernant des sanctions adoptées il y a plus d’un an mais toujours non mises en œuvre, un retard jugé incompréhensible par de nombreux observateurs.
Pour la diaspora congolaise engagée dans ce combat, ce débat représente une avancée significative dans la reconnaissance des responsabilités internationales et dans la mobilisation de la communauté européenne autour de la crise congolaise. Les militants ont salué le courage politique de plusieurs parlementaires européens, notamment Elio Di Rupo, Marit Maij et Wouter Beke, ainsi que d’autres élus qui soutiennent ouvertement des mesures coercitives contre les acteurs accusés d’alimenter le conflit. Leur engagement, estiment-ils, incarne les valeurs de justice et de solidarité que l’Europe revendique, tout en redonnant espoir aux victimes congolaises qui attendent des actions concrètes.
Cependant, le dossier RDC-Rwanda demeure profondément controversé au sein même du Parlement européen, comme en témoigne la position tranchée du député français Thierry Mariani. Dans une déclaration critique, celui-ci a affirmé avoir refusé de participer au débat, estimant qu’il ne constituait qu’un « alibi pour continuer à ne pas sanctionner le Rwanda », qu’il accuse d’être responsable de massacres et de pillages dans l’Est de la RDC. Il a également dénoncé ce qu’il qualifie de « complaisance suspecte » de l’Union européenne à l’égard de Kigali. Ces propos illustrent les tensions politiques qui traversent les institutions européennes sur la gestion de cette crise régionale complexe.
Pendant que les débats politiques se poursuivent et que les décisions tardent à être appliquées, la réalité sur le terrain reste marquée par des violences persistantes : massacres de civils, violences sexuelles, déplacements massifs de populations et destruction du tissu social. Pour les membres de la diaspora, le temps des déclarations symboliques est révolu ; l’Union européenne se trouve désormais face à un choix décisif entre l’inaction et la justice.
Dans ce contexte, leur message se veut clair et sans ambiguïté : la paix dans l’Est de la RDC ne pourra être durable sans une pression internationale effective et des sanctions réellement appliquées contre ceux qui alimentent l’instabilité. À Strasbourg, la mobilisation se poursuit avec la conviction que la voix des Congolais, portée au sein des institutions européennes, peut contribuer à faire évoluer le rapport de force diplomatique en faveur d’une paix juste et durable.
Par Thierry Bwongo









