La Ministre d’État en charge de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, sort du silence pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « campagne d’intoxication et de manipulation » visant à ternir son action réformatrice. Au cœur de la polémique, la suspension récente de l’ancien Directeur national de la DINACOPE.
Selon la communication officielle du ministère, la ministre n’est « mêlée ni de près ni de loin » aux faits reprochés à l’ex-responsable de la Direction nationale de contrôle et de la paie des enseignants. Cette mise au point intervient alors que certaines voix tentent d’établir un lien entre la ministre et les dysfonctionnements dénoncés, alimentant un climat de suspicion que son cabinet juge infondé.
La suspension du directeur concerné est une mesure de gestion responsable, motivée par la nécessité de préserver le bon fonctionnement d’une structure stratégique pour l’État congolais. La DINACOPE, pivot du système de rémunération des enseignants, est depuis longtemps au centre des critiques liées à des irrégularités administratives, à des soupçons de pratiques opaques et à des frustrations récurrentes au sein du corps enseignant. En agissant ainsi, la ministre affirme vouloir envoyer un signal fort : celui d’une gouvernance axée sur la redevabilité et la protection des intérêts légitimes des enseignants.

Au-delà de cette décision ponctuelle, la communication officielle révèle une ambition plus large : celle de démanteler les réseaux mafieux présumés qui gangrèneraient le sous-secteur de l’éducation nationale. Cette déclaration marque une montée en intensité du discours politique autour de la lutte contre la corruption dans l’administration éducative, un domaine souvent perçu comme l’un des maillons faibles de la réforme de l’État.
L’engagement affiché par Raïssa Malu s’inscrit dans une dynamique de rupture avec certaines pratiques héritées du passé. En promettant de poursuivre tous les acteurs impliqués dans des systèmes frauduleux, elle place la question de l’équité salariale des enseignants au centre de son agenda politique. Une priorité stratégique dans un pays où les revendications liées à la paie et à la régularisation administrative constituent l’une des principales sources de tensions sociales dans le secteur éducatif.
En dénonçant l’intoxication médiatique tout en affirmant sa détermination à assainir la gestion interne, la ministre semble vouloir transformer une polémique en opportunité politique. Le pari est audacieux : démontrer que la lutte contre les réseaux d’influence ne relève plus du discours, mais d’une action concrète capable de redéfinir les règles du jeu au sein de l’éducation nationale.
La rédaction









