La scène qui se déroule quotidiennement à l’aéroport international de Ndjili reflète une triste réalité : la mendicité déguisée est devenue un fait normal, entachant l’image de la République Démocratique du Congo. Le témoignage de Justin Murhula, voyageur du 11 novembre 2024, illustre parfaitement cette situation alarmante.
En route pour Bukavu, via Addis-Abeba et Kigali, Justin Murhula a été confronté à une série d’interactions peu professionnelles dès son arrivée à l’aéroport. Un homme bien habillé s’est emparé de sa valise sans permission et l’a guidé à travers plusieurs étapes administratives, demandant 55 dollars pour le Go Pass. Murhula a donné 60 dollars et l’homme lui a restitué 14 000 francs congolais, équivalant à la différence de 5 dollars. La valise de Murhula n’a même pas été fouillée, l’homme utilisant des conversations en lingala pour obtenir des passe-droits.
Après avoir déposé sa valise pour l’enregistrement, l’homme a exigé 50 dollars pour ses « services ». Après une discussion, Murhula a finalement donné 14 000 francs congolais. Cette demande d’argent, connue localement sous le terme « mayi » (eau), s’est répétée plusieurs fois tout au long de son parcours dans l’aéroport.
Murhula n’était pas seul à subir cette mendicité institutionnalisée. Une vieille dame blanche a également été sollicitée par trois hommes après avoir été aidée. Les pratiques de mendicité déguisée à Ndjili ne se limitent pas seulement aux départs. À l’arrivée, les jeunes en chasubles de la Régie des Voies Aériennes (RVA) monopolisent les chariots, obligeant les passagers à recourir à leurs services inutiles.
L’aéroport de Ndjili, en proie à un chaos permanent et peuplé de personnes sans aucune autorité légitime, représente une image déplorable de la RDC. Par rapport aux aéroports d’autres pays, il apparaît dépassé et obsolète, tant en termes d’équipements que d’installations. Il ne reflète pas la grandeur du Congo. Les responsables de l’aéroport doivent impérativement restaurer l’ordre et la discipline, car Ndjili est l’une des principales portes d’entrée et de sortie du pays.
Comme le rappelait le professeur Jacques Ndjoli, l’aéroport de Ndjili donne à l’étranger la première impression du pays. Pour attirer de véritables investisseurs, il est crucial de commencer par améliorer le climat des affaires à partir de cette porte d’entrée principale. Les pratiques malsaines de corruption, de concussion et de mendicité ne feront qu’éloigner les partenaires sérieux de la RDC.
Le besoin d’un nouvel aéroport moderne est vivement ressenti. On attend impatiemment la construction de nouvelles installations, avec l’espoir que ces pratiques nuisibles ne pollueront pas le climat de cet aéroport moderne lorsqu’il sera enfin construit. Le changement de mentalité est urgent. Il en va de l’image et du futur économique de la nation.
Par Botamba Sésé Séko









