Kinshasa, le 9 décembre 2024 – Le président de la République Démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et son homologue rwandais, Paul Kagame, se rencontreront le 15 décembre à Luanda, en Angola, sous la médiation du président angolais Joao Lourenço. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du processus de Luanda, visant à résoudre la crise sécuritaire et diplomatique entre les deux pays.

La ministre des Affaires étrangères de la RDC, Thérèse Kayikwamba, a exprimé les attentes de Kinshasa pour cette rencontre. « Nos attentes sont que ce processus aboutisse à un accord contraignant pour toutes les parties. Nous avons besoin d’un engagement ferme, de signatures noir sur blanc de ces engagements », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que la RDC espère obtenir le départ des troupes rwandaises de son territoire souverain.

Le processus de Luanda, lancé il y a deux ans, a pour objectif de désamorcer les tensions entre la RDC et le Rwanda, exacerbées par la résurgence du groupe rebelle M23. Malgré quelques avancées, les tensions restent vives et les accusations mutuelles persistent. La RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, tandis que le Rwanda accuse la RDC de soutenir les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR).

Lors de la dernière réunion ministérielle à Luanda, les ministres des Affaires étrangères des deux pays ont approuvé un « Concept d’opérations » (CONOPS) visant à neutraliser les FDLR et à retirer les forces rwandaises de la RDC. Ce document stratégique fixe les modalités des actions contre les FDLR et du retrait progressif des forces rwandaises présentes en territoire congolais.

Thérèse Kayikwamba a insisté sur le fait que la RDC ne signera aucun accord avec le M23, mais uniquement avec l’État rwandais, qu’elle accuse de violer la Charte des Nations Unies. Elle a également rappelé que la RDC reste engagée dans ce processus malgré les reports et les tergiversations.

La situation sécuritaire dans l’est de la RDC reste critique, avec le M23 occupant de vastes territoires dans les provinces du Nord-Kivu. Les appels internationaux au cessez-le-feu demeurent sans effet, tandis que le processus de Luanda cherche à tracer une issue pacifique.

L’honorable Willy Mishiki a récemment réagi en affirmant que Félix Tshisekedi ne devrait pas participer à cette rencontre, soulignant qu’il n’accepte plus l’EAC (Communauté d’Afrique de l’Est). Mishiki a également évoqué que chaque changement d’administration américaine entraîne des changements en Afrique, citant le cas de feu le Président Habyarimana.

Cette rencontre entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame est cruciale pour l’avenir des relations entre la RDC et le Rwanda. Un accord contraignant pourrait marquer un tournant dans la résolution de la crise et ouvrir la voie à une paix durable dans la région.

Par Thierry Bwongo

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