Dans une déclaration signée par Raymond Tshibanda, président de la Cellule de Crise du Front Commun pour le Congo (FCC), le regroupement politique a exprimé son refus de participer aux consultations politiques annoncées par le Président de la République, qui débutent ce jour. Le FCC justifie sa position en trois points principaux.
Premièrement, le FCC estime que les consultations, telles qu’annoncées, reposent sur des principes qui ignorent une réalité fondamentale : l’illégitimité des institutions issues des élections de décembre 2023. Selon le FCC, ces élections, marquées par des fraudes massives et organisées en violation des lois en vigueur, sont à l’origine de la crise actuelle. Pour le FCC, toute tentative de résoudre cette crise doit inclure un débat sur cette illégitimité, faute de quoi les consultations ne sauraient atteindre leur objectif.
Deuxièmement, le FCC critique l’analyse du Président de la République, qui considère la crise comme étant principalement sécuritaire et propose la formation d’un gouvernement d’union nationale comme solution. Le FCC rejette cette vision, affirmant que la crise est multiforme et trouve sa source dans la mauvaise gouvernance, le caractère dictatorial et asocial du pouvoir en place. Pour le FCC, ces consultations ne sont qu’une « offre générale d’emplois » destinée à ceux qui privilégient l’enrichissement personnel au détriment du service à la Nation. Fidèle à ses principes, le FCC refuse de s’associer à une telle démarche.
Enfin, le FCC qualifie ces consultations de tentative supplémentaire, parmi d’autres initiatives déjà en cours, pour résoudre la crise. Il s’interroge sur la valeur ajoutée de cette initiative, qu’il perçoit comme une manœuvre du pouvoir pour court-circuiter des efforts plus crédibles, tels que le Pacte pour la paix et le bien-vivre ensemble porté par la CENCO et l’ECC, ou encore les processus de Nairobi et de Luanda soutenus par des organisations internationales. Le FCC considère cette démarche comme une fuite en avant, visant davantage à légitimer le pouvoir en place qu’à œuvrer pour une paix durable et l’intérêt supérieur du Congo.
Ainsi, le FCC réaffirme son engagement à ne pas trahir le Congo et à ne pas participer à des consultations qu’il juge biaisées et contraires aux aspirations du peuple congolais.
Par Jason Mbo Itoo









