Depuis son accession à l’indépendance en 1960, la République Démocratique du Congo semble enfermée dans un schéma récurrent où les crises politiques internes trouvent leur résolution à travers des médiations étrangères plutôt qu’au sein des institutions républicaines. Ce phénomène, loin d’être anodin, traduit une forme de démission nationale et d’infantilisation politique qui interroge sur la maturité de notre élite dirigeante.

Une souveraineté mise à l’épreuve

Pourquoi la classe politique congolaise rejette-t-elle systématiquement les initiatives internes de dialogue, à l’instar de la main tendue du Chef de l’État, et préfère-t-elle des cadres extraconstitutionnels pilotés depuis l’extérieur ? Pourquoi nos forces vives se précipitent-elles pour être reçues par un ministre belge, un émissaire américain ou un diplomate français, plutôt que de s’en remettre à nos propres institutions ? Cette tendance chronique à l’externalisation de nos crises a des implications profondes sur notre souveraineté, notre stabilité et notre capacité à construire un État moderne et respecté sur la scène internationale.

Les leçons de l’histoire : des dialogues sous influence

Depuis l’indépendance, chaque crise politique majeure en RDC a été arbitrée non pas par les institutions nationales, mais par des acteurs extérieurs. Quelques exemples marquants :

  • La Table Ronde de Bruxelles (1960), prélude à l’indépendance, s’est tenue sous la houlette de l’ancienne puissance coloniale, la Belgique.
  • La Conférence Nationale Souveraine (1991-1992), influencée par des pressions extérieures, notamment françaises et belges.
  • Le Dialogue Intercongolais de Sun City (2001-2002), organisé sous l’égide de la communauté internationale, a permis une transition post-conflit dictée par des intérêts étrangers.
  • L’Accord de la Saint-Sylvestre (2016), supervisé par la CENCO, a nécessité l’aval des chancelleries occidentales avant sa mise en œuvre.

Reprendre le contrôle de notre destin politique

L’élite politique congolaise semble avoir développé une dépendance structurelle à l’égard de l’étranger, au point où toute initiative locale de dialogue est immédiatement discréditée. Pourtant, il est temps de rompre avec cette dynamique. La RDC doit prouver qu’elle peut résoudre ses crises en s’appuyant sur ses propres institutions et en affirmant sa souveraineté.

Un appel à l’action

Il est impératif que la classe politique congolaise prenne ses responsabilités et montre qu’elle est capable de bâtir un avenir souverain et prospère pour la RDC. Cela passe par une réappropriation des cadres de dialogue internes et une volonté de renforcer les institutions républicaines.

Par Didier Mbongomingi

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