Kinshasa, 10 avril 2025 – L’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu continue de bouleverser le système éducatif, privant plus de 1,3 million d’enfants d’un accès fondamental à l’apprentissage. Alors que le Nord-Kivu montre des signes de reprise progressive, la situation au Sud-Kivu se détériore à un rythme préoccupant, rendant les opérations éducatives et humanitaires de plus en plus ardues.
Dans la province du Nord-Kivu, bien que certains progrès soient observés, 316 écoles restent fermées, empêchant près de 216 317 élèves, dont 105 489 filles, de reprendre leur scolarité. Certaines écoles servent encore de refuges pour les déplacés internes, tandis que d’autres, marquées par les violences du conflit, nécessitent des travaux de réhabilitation pour garantir un environnement scolaire sécurisé. La situation est particulièrement difficile dans les zones affectées par la double menace des groupes armés ADF-NALU et du M23. De nombreux élèves ont été contraints de fuir vers des territoires dits sécurisés, compromettant la continuité de leur apprentissage.

Au Sud-Kivu, la crise éducative s’aggrave dangereusement, avec 3 305 écoles fermées, privant 1 132 777 enfants, dont 526 420 filles, d’un accès à l’éducation. L’intensification des violences empêche la collecte régulière des informations et contraint les partenaires humanitaires à se retirer de certaines zones. En plus des écoles accueillant des déplacés, plusieurs établissements sont occupés par des groupes armés, paralysant leur fonctionnement et mettant en péril la reprise des cours. Comme au Nord-Kivu, les infrastructures scolaires endommagées ou détruites nécessitent une intervention urgente pour leur réhabilitation.
À ce jour, 3 621 écoles restent fermées, affectant l’avenir de 1 349 094 enfants, dont 631 909 filles. Cette crise représente une urgence nationale qui appelle à une mobilisation collective, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Il est impératif de garantir la continuité de l’apprentissage, de renforcer la sécurité des écoles et de sécuriser un accès humanitaire sans entrave aux zones les plus affectées.

Le Ministère de l’Éducation Nationale et Nouvelle Citoyenneté réaffirme son engagement à coordonner des réponses éducatives d’urgence en collaboration avec les acteurs locaux. La protection du droit à l’éducation reste une priorité absolue, même en contexte de crise.
Par Thierry Bwongo









