Kinshasa, 24 avril 2025 – Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), pilier essentiel de la régulation médiatique en République Démocratique du Congo, est plongé dans une tourmente institutionnelle qui menace son équilibre. Huit Hauts Conseillers, membres de l’Assemblée plénière, ont lancé une deuxième demande officielle pour la tenue d’une session extraordinaire, dénonçant l’impossibilité de se réunir aux dates prévues en raison des jours fériés du 1er et du 17 mai. Cette requête, loin d’être anodine, révèle des tensions internes profondes et met en péril le leadership du président Christian Bosembe.

La crise actuelle est le fruit de désaccords persistants entre le président du CSAC et une partie des membres de l’Assemblée plénière. Ces derniers accusent une gestion autoritaire et des violations flagrantes des dispositions réglementaires qui encadrent les délibérations de l’institution. Selon l’article 35 de la loi organique régissant le CSAC, les sessions ordinaires doivent se tenir régulièrement pour garantir le bon fonctionnement de l’organe de régulation. C’est lors de ces sessions ordinaires que le CSAC prend position et statut. Pourtant, plusieurs conseillers dénoncent des blocages délibérés orchestrés par le président Bosembe, compromettant ainsi la mission fondamentale du CSAC. « Bosembe veut ainsi remplacer la plénière et décider seul, confondant sa personne à celle de l’institution CSAC! « 

Face à cette situation, les huit conseillers contestataires, menés par le Haut Conseiller Serge Kabongo, insistent sur l’urgence d’un débat institutionnel pour éviter une paralysie prolongée. Ils considèrent la tenue d’une session extraordinaire comme une nécessité impérieuse pour préserver la continuité des activités du CSAC. Cette fronde interne s’inscrit dans un contexte plus large de remise en question des mécanismes de gouvernance des institutions congolaises, où les luttes d’influence et les tensions politiques viennent souvent perturber le fonctionnement des organes de régulation.

Alors que le vice-président Bruno Mbolison tente de calmer les esprits en promettant une session apaisée dans les jours à venir, les observateurs s’interrogent sur l’avenir de cette institution cruciale. Le CSAC, chargé de garantir l’éthique et l’indépendance des médias en RDC, risque de perdre sa crédibilité si les dissensions internes ne sont pas rapidement résolues. Le président Bosembe est désormais face à un dilemme : répondre aux inquiétudes de ses conseillers et organiser cette session tant attendue, ou laisser cette crise plonger l’institution dans une paralysie durable.

Dans un pays où la liberté de la presse reste un enjeu vital, l’issue de ce conflit pourrait avoir des répercussions bien au-delà des murs du CSAC. Les prochains jours seront déterminants pour cette institution d’appui à la démocratie.

Par Thierry Bwongo

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