Lors de la plénière consacrée à la question orale avec débat sur la gestion et le financement des infrastructures aéroportuaires en République Démocratique du Congo, le Directeur Général de la Régie des Voies Aériennes (RVA) a apporté des précisions aux députés nationaux sur la réhabilitation de la piste de l’aéroport international de Ndjili et les mécanismes financiers qui ont accompagné ce projet.

Interpellé sur la hauteur de la dette liée à cette réhabilitation, le Directeur Général de la RVA a indiqué que le gouvernement congolais avait contracté un prêt de 60 millions de dollars auprès d’Exim Bank of China. Ce montant a servi exclusivement à la réhabilitation de la piste par la compagnie chinoise Sinohydro dans le cadre d’un accord de prêt subsidiaire signé en 2012. Toutefois, il a été souligné que cette piste n’a jamais été officiellement réceptionnée.

À la question des recettes générées par l’Initiative pour le Développement des Infrastructures Aéroportuaires (IDEF), communément appelée Go-Pass, depuis son instauration en 2009, le Directeur Général a précisé que jusqu’au 31 décembre 2024, les flux encaissés dans le cadre de cette redevance s’élèvent à 362.910.958,94 dollars. Face aux difficultés du gouvernement à fournir la contrepartie financière nécessaire au montage des projets, l’Assemblée nationale, via sa Commission Économico-Financière (ECOFIN), avait autorisé la mise en place de cette redevance comme mécanisme temporaire, en attendant une régularisation par une loi.

Concernant le remboursement du prêt contracté auprès d’Exim Bank of China, le Directeur Général a rappelé que l’accord de prêt prévoyait une durée totale de remboursement de 20 ans, avec un délai de grâce de 9 ans. La période de remboursement s’étendant de 2022 à 2032, la RVA a déjà honoré le paiement de 19.090.904 dollars au 21 janvier 2025, laissant un solde de 40.909.096 dollars, sans compter les intérêts restant dus qui s’élèvent à 3.290.304,45 dollars.

S’agissant des projets réalisés grâce aux fonds issus du Go-Pass, il a été précisé que, outre le remboursement progressif du prêt de 60 millions de dollars, ces ressources ont également servi au financement des contreparties gouvernementales dans plusieurs projets d’infrastructure aéroportuaire. Parmi les réalisations mentionnées figurent la réhabilitation des pistes et des aérogares, la construction et la modernisation des tours de contrôle, des blocs techniques et des casernes anti-incendie, ainsi que l’acquisition de véhicules spécialisés et d’équipements de radio communication et de navigation.

En réponse aux préoccupations des élus sur les perspectives du secteur aérien, le Directeur Général a rappelé que, dès 2008, un audit réalisé par le consultant Aéroports de Paris Ingénierie (ADPI) avait évalué les besoins de financement à environ 2 milliards de dollars pour la réhabilitation urgente des installations aéroportuaires du pays. Faute de moyens à l’époque, il avait été recommandé de concentrer les efforts sur les aéroports jugés prioritaires, notamment Ndjili, Luano, Goma, Bangoka et Mbuji-Mayi, ainsi que sur plusieurs autres aéroports régionaux.

Les échanges au sein de la plénière ont mis en lumière les défis persistants du secteur aérien en RDC, notamment la nécessité d’une régularisation légale de la redevance Go-Pass et la recherche de financements complémentaires pour l’achèvement des projets en cours. Les députés ont insisté sur l’importance d’une gestion transparente et efficace des fonds dédiés au développement des infrastructures aéroportuaires du pays.

Par Thierry Bwongo

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