Kinshasa, 10 juillet 2025 — Sous un ciel lourd de questionnements sur l’avenir de la justice congolaise, les robes noires du pays se sont rassemblées ce mercredi à Kinshasa pour célébrer la Journée nationale du Barreau. L’édition 2025, placée sous le thème : « Avocat congolais : acteur de justice et défenseur des libertés », a réuni magistrats, avocats, professeurs de droit et membres de la société civile autour d’un même engagement : consolider l’État de droit en défendant l’indépendance de la profession.

Dès l’ouverture de la cérémonie, le ton fut donné par Me Willy Wenga, bâtonnier national, qui dans une allocution ferme et sans détour, a rappelé le rôle fondamental du Barreau :

« Le Barreau n’est pas un appendice du pouvoir judiciaire, il est un contrepoids essentiel à toute dérive ».

Tout au long de la journée, les intervenants ont exposé avec gravité les défis qui minent l’exercice du droit en République démocratique du Congo. Les interférences politiques dans les affaires judiciaires, les arrestations arbitraires d’avocats en province, la précarité de l’assistance juridique pour les plus vulnérables, et le manque d’encadrement des jeunes avocats figurent parmi les préoccupations majeures soulevées.

Face à ces enjeux, plusieurs recommandations ont été formulées. Les participants ont notamment plaidé pour un renforcement de la formation continue, la mise en place de mécanismes de protection pour les avocats exposés à des risques, ainsi que la modernisation des outils de travail judiciaire.

La présence du ministre de la Justice, des représentants de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature a donné à l’événement une portée institutionnelle significative. Tous ont reconnu le rôle stabilisateur du Barreau dans l’équilibre démocratique, tout en appelant à davantage de discipline et de rigueur professionnelle au sein de la corporation.

En filigrane de cette journée, un message s’est dessiné avec clarté : sans avocats libres et protégés, la justice ne peut être complète. C’est un appel solennel lancé à l’État, aux institutions judiciaires et aux avocats eux-mêmes — un rappel que la défense des libertés commence par la liberté de défendre.

Par Guy Roger Tshitenge

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