Johannesburg, 17 juillet 2025 — L’Afrique du Sud fait face à une inquiétude grandissante après l’annonce de nouvelles barrières douanières imposées par les États-Unis. Le président américain Donald Trump prévoit, à partir du 1er août, l’application de droits de douane de 30 % sur plusieurs produits sud-africains, une mesure jugée « dévastatrice » par le gouverneur de la Banque centrale sud-africaine, Lesetja Kganyago.
Dans une déclaration relayée mercredi par Reuters, le gouverneur a alerté sur l’impact socio-économique de cette décision. Selon lui, près de 100.000 emplois pourraient être menacés, notamment dans des secteurs fortement dépendants des exportations vers les États-Unis, tels que l’agriculture et l’automobile.

« L’agriculture sera particulièrement affectée car elle emploie une main-d’œuvre peu qualifiée, souvent dans des zones rurales déjà fragiles. Les pertes seraient difficilement rattrapables à court terme », a averti M. Kganyago.
Depuis le mois d’avril, date à laquelle des taxes américaines préliminaires sont entrées en vigueur, les exportations sud-africaines de véhicules vers les États-Unis ont chuté de plus de 80 %, selon les chiffres de la Banque centrale.

La mesure de Washington s’inscrit dans une nouvelle stratégie commerciale « protectionniste » de l’administration Trump, qui remet en cause plusieurs accords préférentiels conclus avec des pays d’Afrique australe, dont l’African Growth and Opportunity Act (AGOA).
Pretoria, qui tente de plaider la modération par la voie diplomatique, craint désormais un choc économique majeur et une détérioration des relations commerciales bilatérales.
Par la rédaction









