À Kabwa, dans le territoire de Katanda au Kasaï-Oriental, une étape décisive vient d’être franchie dans le chantier de la cimenterie portée par WIH Kasaï Cement SAS. Située à une quinzaine de kilomètres de Mbujimayi, cette infrastructure industrielle, dont la construction a débuté en août 2024, avance conformément au calendrier initial. La phase de génie civil pour la ligne de production est désormais achevée, marquant la fin de la construction de l’usine de broyage, cœur névralgique du dispositif industriel.
Cette avancée technique confirme la volonté des porteurs du projet de respecter la date de livraison fixée au 30 novembre 2025. Après les travaux préparatoires, comprenant déblais, nivellement, études géotechniques et édification du mur de clôture, les équipes ont désormais entamé les étapes suivantes : l’installation des équipements de production, la mise en place des infrastructures électriques, l’approvisionnement en eau et le déploiement d’un système énergétique hybride combinant panneaux solaires et générateurs diesel. La mise en service et les essais techniques sont attendus dans les mois à venir, en prélude au lancement officiel de la production.

Financée à hauteur de 400 millions de dollars, la cimenterie démarrera avec une capacité de 300 000 tonnes de ciment par an dès 2026, avant d’atteindre 1,2 million de tonnes à l’horizon 2027. Ce projet industriel, fruit d’un partenariat sino-congolais, s’inscrit dans une dynamique de relance économique du Grand Kasaï. Il vise à répondre à la demande croissante en matériaux de construction dans une région longtemps dépendante des importations depuis le Katanga ou l’Angola, où le sac de ciment peut atteindre jusqu’à cinquante dollars.
Au-delà de la réduction des coûts, la cimenterie de Katanda ambitionne de renforcer l’autonomie économique du territoire et de stimuler l’emploi local, avec plus de cinq cents postes directs et indirects annoncés. Elle pourrait devenir un levier structurant pour le développement des infrastructures, du secteur du bâtiment et des services connexes.

Toutefois, cette ambition industrielle soulève également des interrogations environnementales. L’exploitation du calcaire sur le site, qui bénéficie de quatorze titres miniers, implique une extraction à grande échelle. Les risques de pollution de l’air, de déforestation et de perturbation des écosystèmes locaux appellent à une vigilance accrue. L’alimentation en énergie verte, assurée en partie par la centrale hydroélectrique de Tshiala (30 MW), constitue un atout, mais ne dispense pas d’un suivi rigoureux des impacts environnementaux. Des mesures de réhabilitation des sols, de gestion des déchets et de surveillance de la qualité de l’air et de l’eau seront nécessaires pour garantir un développement durable.
La cimenterie de Katanda incarne ainsi une double promesse : celle d’un renouveau industriel pour le Grand Kasaï et celle d’un modèle de développement qui concilie performance économique et responsabilité écologique. Dans un contexte national marqué par la renégociation des partenariats stratégiques, ce chantier devient un symbole de souveraineté productive et de transformation locale.
Par la Rédaction









