En ce jour dédié à la lutte mondiale contre les hépatites, la République démocratique du Congo se tient à la croisée des chemins. Une voix s’élève, déterminée et grave, celle de l’honorable docteur Jean-Jacques Mbungani, président de la sous-commission santé de l’Assemblée nationale. À travers son appel vibrant, c’est toute une nation qui est sommée de regarder en face une maladie qui ronge silencieusement le corps social congolais.

L’hépatite, maladie affectant le foie, poursuit son œuvre destructrice dans l’ombre. Insidieuse, elle s’infiltre dans les foyers sans bruit, laissant dans son sillage la douleur, la stigmatisation et la perte. Les formes B et C, particulièrement virulentes en RDC, se transmettent par les fluides corporels, les instruments médicaux mal stérilisés, ou encore par la transmission verticale. Trop souvent, elle s’installe sans alerte et se déclare tardivement, une fois que le foie est déjà gravement atteint.
Mais l’enjeu dépasse le cadre médical. Car là où l’hépatite s’impose, la précarité s’aggrave. Le silence des malades témoigne d’un abandon structurel. L’absence de dépistage massif, le coût prohibitif des traitements, le manque cruel d’informations dans les zones reculées ne sont pas de simples défaillances : ce sont les symptômes d’un système qui, trop longtemps, a tourné le dos aux plus vulnérables.

Face à ce constat, le docteur Mbungani ne se contente pas d’un diagnostic. Il appelle à une mobilisation historique. Il affirme que la RDC peut vaincre les hépatites si elle ose engager une politique de santé publique ferme, inclusive et résolue. Sous l’impulsion des engagements du chef de l’État en faveur de la couverture santé universelle, cette lutte devient non seulement possible, mais impérative.
Pour que cette ambition prenne corps, il faudra conjuguer rigueur scientifique et volonté politique. Il faudra que les professionnels de santé, les autorités locales, les acteurs de la société civile et chaque citoyen s’engagent avec la même gravité, la même foi. La prévention, le dépistage, l’éducation sanitaire et l’accès aux traitements doivent devenir des droits, non des privilèges.

Car c’est là que réside le véritable enjeu : dans la dignité retrouvée d’un peuple que l’hépatite menace de silence. Chaque vie arrachée à cette maladie est une victoire sur l’indifférence. Chaque malade pris en charge est un rappel de notre humanité partagée.
En cette journée mondiale, la RDC ne se contente plus de constater. Elle s’engage. Et à travers les mots du docteur Mbungani, une promesse est lancée à la mémoire des vies fauchées : celle d’un avenir où la santé ne sera plus un combat solitaire, mais une priorité nationale. Une lutte portée par la gravité de l’heure, l’éthique de la responsabilité, et l’espérance tenace d’un avenir guéri.
Par Thierry Bwongo









