Le gouvernement kényan a tenté de désamorcer les tensions diplomatiques croissantes avec la République démocratique du Congo (RDC) en publiant, le 18 août 2025, une clarification officielle sur la nomination controversée de son consul à Goma. Cette décision, perçue par Kinshasa comme une provocation, intervient dans un contexte de refroidissement des relations bilatérales, marqué par des accusations d’ingérence et de soutien implicite du Kenya à des acteurs non étatiques opérant dans l’Est congolais.
Dans sa communication, le Kenya affirme que la nomination par le président Kényan, le Dr. William Ruto, d’un consul à Goma ne constitue en aucun cas une reconnaissance politique ou diplomatique d’une quelconque autorité parallèle dans cette région. Le gouvernement kényan insiste sur le caractère strictement administratif de cette démarche, motivée par le besoin de protéger ses ressortissants et de faciliter les services consulaires dans une zone où la présence kenyane est significative. Il précise que cette nomination s’inscrit dans une pratique courante de représentation consulaire, sans implication politique ni prise de position sur les dynamiques internes de la RDC.


Cependant, cette explication peine à convaincre Kinshasa. Le choix de Goma, ville située dans une zone sous contrôle militaire contesté et associée à des figures proches du président kényan, soulève des interrogations sur les véritables intentions de Nairobi. Pour les autorités congolaises, cette nomination s’apparente à une reconnaissance implicite d’une autorité parallèle, en contradiction avec les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale que la RDC défend fermement.
La réponse du Kenya, bien que formulée dans un langage diplomatique mesuré, révèle une posture ambivalente. En affirmant son respect pour le gouvernement central de la RDC tout en maintenant la nomination du consul, Nairobi semble vouloir préserver ses intérêts dans une région stratégique sans renoncer à une forme d’influence. Cette position, jugée équivoque par Kinshasa, alimente les suspicions d’un double jeu diplomatique.

Au-delà de la controverse immédiate, cet épisode illustre les fragilités des relations entre les deux pays et les enjeux géopolitiques qui traversent la région des Grands Lacs. Il met en lumière les tensions entre la nécessité de coopération régionale et les impératifs de souveraineté nationale, dans un contexte où les rivalités politiques et les intérêts économiques se superposent aux préoccupations sécuritaires.
Alors que Kinshasa exige des clarifications supplémentaires et envisage des mesures diplomatiques, le Kenya devra choisir entre le maintien d’une posture pragmatique et le risque d’une détérioration durable de ses relations avec la RDC. Cette affaire pourrait bien devenir un révélateur des recompositions en cours dans la diplomatie régionale, où chaque geste consulaire peut être interprété comme un acte politique.
Par la Rédaction









