Kinshasa, 1er septembre 2025 — À deux semaines de la rentrée parlementaire prévue le 15 septembre, l’Assemblée nationale congolaise est secouée par une vague de contestation interne qui pourrait redéfinir son équilibre institutionnel. Au cœur de la tempête: une pétition visant l’éviction du président de l’Assemblée, Vital Kamerhe, accusé de mauvaise gestion et de mépris envers les députés nationaux.

Un message circulant dans les milieux parlementaires, signé par le député Hon. Simisi Obed, cristallise le malaise grandissant:
« Trop, c’est trop! Alors qu’un montant supplémentaire de 8 milliards de FC est alloué à l’enveloppe de fonctionnement, combien revient réellement aux députés? » interroge-t-il, dénonçant un traitement injuste et disproportionné des élus, pourtant en première ligne dans leurs circonscriptions.

Les griefs sont nombreux: manque de transparence dans la gestion des fonds, promesses non tenues par le Bureau, conditions précaires des assistants parlementaires, et une attitude jugée autoritaire de Vital Kamerhe en plénière. Le message appelle à une mobilisation collective pour exiger respect, équité et reconnaissance du rôle des députés dans la vie nationale.

Dans les coulisses, la contestation prend forme. Une pétition, élaborée pendant les vacances parlementaires, aurait déjà recueilli plus de 80 signatures. Les pétitionnaires reprochent à Kamerhe une gouvernance opaque et des humiliations.

Face à cette offensive, Vital Kamerhe aurait lancé une contre-attaque politique sur ses réseaux sociaux, tentant de désamorcer la crise. Selon certaines sources, le député Laddy Yangotikala Senga mènerait une stratégie de neutralisation pour enterrer la pétition.

Ce bras de fer intervient dans un contexte où les attentes citoyennes envers le contrôle parlementaire sont élevées. Pourtant, les enjeux de positionnement politique semblent prendre le pas sur les priorités institutionnelles. Kamerhe, qui s’était imposé en avril 2024 comme candidat unique de l’Union Sacrée face à Christophe Mboso et Modeste Bahati, voit aujourd’hui son leadership contesté de l’intérieur.

Selon une source proche du dossier, la crise pourrait ne pas s’arrêter à la personne de Vital Kamerhe. D’autres membres du Bureau, également mis en cause dans la gestion des ressources, pourraient être emportés par la vague de mécontentement.

À l’approche de cette rentrée parlementaire, l’Assemblée nationale s’apprête à vivre l’une de ses séquences les plus mouvementées. Entre appels à la dignité des élus et manœuvres de survie politique, le perchoir vacille — et avec lui, l’image d’une institution censée incarner la voix du peuple.

Par la Rédaction

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