Mbujimayi, 29 septembre 2025 — Le compte à rebours est lancé. À partir du 12 octobre prochain, la piste d’envol de l’aéroport national de Mbujimayi sera fermée aux opérations aériennes. Une décision annoncée par la Régie des Voies Aériennes (RVA), qui marque le début d’un vaste chantier de réhabilitation de l’infrastructure aéroportuaire dans la province du Kasaï-Oriental.
Pendant près d’un mois, les avions ne pourront plus décoller ni atterrir selon un calendrier séquentiel alternant fermetures et brèves réouvertures. La RVA précise que cette organisation vise à permettre la réalisation des travaux tout en maintenant une certaine flexibilité pour les vols urgents, notamment humanitaires ou médicaux. La reprise normale des activités est prévue pour le 7 novembre 2025.
Selon le communiqué officiel de la RVA, les travaux seront menés par phases alternées de fermeture et d’ouverture partielle de la piste, afin de permettre une continuité minimale des vols essentiels :
- 12 au 20 octobre : fermeture complète
- 21 au 22 octobre : réouverture temporaire
- 23 au 28 octobre : nouvelle fermeture
- 29 au 30 octobre : réouverture
- 31 octobre au 06 novembre : dernière phase de fermeture
- Reprise normale prévue le 07 novembre 2025

Mais derrière cette fermeture temporaire se dessine un projet plus ambitieux : celui de redonner à l’aéroport de Mbujimayi sa pleine capacité opérationnelle et de le doter d’infrastructures conformes aux standards internationaux.
Depuis plusieurs années, les usagers de l’aéroport de Mbujimayi dénoncent la dégradation avancée de la piste : fissures, affaissements, absence de drainage efficace, balisage défaillant. Ces failles techniques ont non seulement réduit la fréquence des vols commerciaux, mais aussi compromis la sécurité des opérations aériennes, en particulier en saison pluvieuse.
L’aéroport, pourtant classé national, n’a jamais bénéficié d’une réhabilitation complète depuis sa construction. Il fonctionne avec des équipements obsolètes, une aérogare exiguë, et une capacité d’accueil limitée. Dans une ville comme Mbujimayi, où le transport aérien reste vital pour les échanges économiques, les évacuations sanitaires et les missions administratives, cette situation est devenue intenable.
Selon les informations recueillies auprès de la RVA et du ministère des Transports, le projet de réhabilitation ne se limite pas à la piste. Il comprend :
- La reconstruction du revêtement de la piste en béton bitumineux, avec renforcement des fondations et correction des pentes.
- L’installation d’un nouveau système de drainage pour éviter les inondations et stagnations d’eau.
- La modernisation du balisage lumineux et des équipements de navigation aérienne, pour améliorer la visibilité et la sécurité des vols de nuit.
- L’extension partielle de la piste, afin de permettre l’atterrissage d’aéronefs de plus grande capacité.
- La rénovation de l’aérogare, avec création de nouvelles zones d’embarquement, de contrôle et de traitement des bagages.
- La sécurisation du périmètre aéroportuaire, incluant clôtures, caméras et postes de contrôle.

Ce projet est financé par des fonds publics, avec un appui technique de partenaires internationaux spécialisés dans les infrastructures de transport. Les travaux sont confiés à une entreprise congolaise en consortium avec un cabinet d’ingénierie sud-africain, sous supervision de l’Autorité de l’Aviation Civile.
Pour les habitants de Mbujimayi et du Grand Kasaï, cette réhabilitation est porteuse d’espoir. Elle pourrait relancer les activités économiques, faciliter l’acheminement des marchandises, attirer des investisseurs, et désenclaver une région longtemps marginalisée.
Des voix s’élèvent toutefois pour appeler à la vigilance : élus provinciaux, opérateurs économiques et organisations de la société civile demandent plus de transparence sur les coûts, les délais et la qualité des travaux. Ils rappellent les précédents chantiers inachevés ou détournés, et exigent un suivi rigoureux.
Par Thierry Bwongo









